Parcours parisien sur les traces des volontaires en Espagne Républicaine quartier République/Grange aux Belles/Avenue Mathurin Moreau

  • 120, rue La Fayettte : siège du PCF en 1936 et des Jeunesses Communistes

Lise London (« Le Printemps des Camarades » décrit le lieu (des bureaux, une rotonde au rez-de-chaussée pour les réunions, une librairie en façade) et sa rencontre avec Pierre Allard, alias Giulio Ceretti, responsable de MOI, avec lequel elle va travailler. A l’époque, il était aussi directeur de la revue « Fraternité » installée au n° 3 de la rue toute proche de Montholon, et il tenait une permanence quotidienne de la MOI dans le local de la rue de la Grange-aux-Belles mis à disposition par la CGTU.

Lise London rappelle que c’est Pierre Allard qui travailla à la loi votée en 1936 assurant pour la première fois un statut juridique du travailleur immigré équivalent à celui du travailleur français en matière de salaire et de protection sociale.

  • Boulevard Magenta vers la République
  • Rue des Vinaigriers

Vieille rue tortueuse de Paris pour aller à l’hôpital St Louis (vers 1652, appelée ruelle à l’Héritier ou ruelle du Carême Prenant ») ; en 1946, une partie de cette voie devient la rue Jean Poulmarch (syndicaliste communiste fusillé le 22/10/1941 à Chateaubriant). A voir en face du 20 rue des Vinaigriers –siège de l’association des Garibaldiens et de l’ACER- la façade de la première moitié du 19e siècle de l’ancien débit de boissons à l’enseigne du « Lion d’Or », inscrit depuis 1984 aux Monuments Historiques.

  • Traversée du canal Saint-Martin

A gauche, hôtel du Nord (Marcel Carné – 1938)

Le film de Marcel Carné et « la belle équipe » de Julien Duvivier évoquent la guerre d’Espagne à travers deux personnages : l’émigré et l’orphelin. Dans « la belle équipe », les camarades de Mario (Jean Gabin, Aimos et Charles Vanel) n’opposent qu’une solidarité passive face au gendarme débonnaire et bonasse venu expulser le fugitif joué par Raphaël Medina. Dans « Hôtel du Nord », c’est l’accorte tenancière de l’établissement, Louise Lecouvreur (jouée par Jane Marken) qui prend la défense d’un jeune réfugié, suite à la remarque racisiste d’un client : « c’est pas un étranger, s’emporte-t-elle, c’est un orphelin ». (Cinéma du Front populaire et Guerre d’Espagne).

Le quai de Jemmapes (victoire des armées de la République le 6/11/1792 contre les Autrichiens), fait face au Quai de Valmy (victoire des armées de la République le 20/9/1792 contre les Prussiens)

  • Rue de la Grange aux Belles

La rue, qui doit son nom à une ancienne ferme, était sur le tracé d’une route sortant de Paris et rejoignant la route d’Allemagne. C’est dans cette rue que se trouvait le gibet de Montfaucon et le cimetière St Louis des protestants étrangers. Elle longe l’hôpital Saint-Louis et l’entrée de la chapelle Saint-Louis dont la première pierre fut posée en 1607 par Henri IV. Pendant l’insurrection de juin 1848, plusieurs barricades ont été érigées rue de la Grange aux Belles (cf plan sur le site de la BNF).

N°33 rue de la Grange aux Belles, photo de la Maison des Fédérations en 1913 démolie depuis :

Le lieu servira de siège au Comité d’Entraide à l’Espagne Républicaine, créé en août 1936 par le Secours Rouge International, et les baraquements du 8 avenue Mathurin Moreau en dépendaient.

Fin septembre 1936, l’immeuble abritait la MOI :

« Pierre Allard…. est assailli par les délégations des différents groupes nationaux qui sollicitent l‘autorisation pour ceux de leurs adhérents désireux de participer au combat contre les agresseurs fascistes de partir pour l’Espagne.

A plusieurs reprises, des Espagnols me demandent d’informer le camarade Allard du climat qui règne chez leurs émigrés. Nombre de leurs compatriotes rentrent spontanément au pays pour se battre.

Des réfugiés politiques italiens, allemands, polonais et d’autres encore viennent au 120 demander des conseils. Ils sont volontaires pour partir en Espagne. Je les envoie, comme j’en ai été instruire, à l’Ambassade d’Espagne… »Lise London, le Printemps des Camarades

  • Place du Colonel Fabien

Ancienne Place du Combat en souvenir des combats d’animaux qui s’y déroulaient. Dans sa partie ouest, c’était l’ancienne barrière St Louis du mur des Fermiers Généraux. En 1871, la barrière fut l’ultime retranchement des Communards.

« Colonel Fabien » : le jeune Pierre Georges était inscrit au groupe de Pionniers du quartier Combat, puis élu secrétaire de la Jeunesse Communiste du même quartier. Malgré son jeune âge (17 ans) il réussit à partir fin 1936 pour Albacete.

  • 8, Avenue Mathurin Moreau devant la plaque aux Brigades Internationales

C’est dans les baraquements du 8 avenue Mathurin Moreau qu’était installé le « bureau d’aide au peuple espagnol » accueillant les volontaires, au début les seuls ressortissants espagnols installés en France, puis très rapidement tous ceux, Français et étrangers, qui voulaient s’enrôler. Ils y étaient interrogés sur leurs compétences militaires et professionnelles, passaient un examen médical, et recevaient leur feuille de route pour l’Espagne.

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