APPEL A LA SOLIDARITE AVEC LES « SANS-PAPIERS »

Cet appel, issu d’une mémoire commune, pour soutenir la Marche des «sans-papiers» qui manifesteront à Paris le 17 octobre, provient d’un échange (Maité Pinero, Georges Bartoli, José Fort, Olivia Ruiz, Lydie Salvayre).

Il est ouvert à tous. Nous ne sommes pas les seuls, en France, à avoir en héritage une mémoire douloureuse.

Le passé ne passe pas, disait Faulkner. Il n’est qu’une dimension du présent (« le passé n’est jamais mort. Il n’est même pas passé»). A quoi sert la mémoire, sinon aussi à tenter d’améliorer le monde aujourd’hui et demain ?

Merci de signer, de diffuser. Lien pour la signature :

http://chng.it/m6BCQQMt

 


 

AVEC LES «SANS PAPIERS», ENFANTS, DE RÉPUBLICAINS ESPAGNOLS ET DE BRIGADISTES.

Comme des millions de Françaises et Français, nous sommes enfants, petits-enfants d’«indésirables», les Républicains espagnols, ceux aussi des volontaires des Brigades Internationales. Nous affirmons notre soutien total à la marche et à toutes les revendications des «sans-papiers» qui manifesteront à Paris le 17 octobre.
Ce n’est pas la même histoire, ce ne sont pas les mêmes personnes, cependant le malheur est le même. 80 ans après, nous refusons la répétition de l’ignominie.
En 1939, les nôtres, 500 mille Espagnols qui fuyaient l’horreur franquiste, les bombes et la misère, furent parqués dans les camps de concentration sur la plage où les femmes creusaient des trous dans le sable, les premières nuits, pour protéger les enfants, où des milliers moururent de leurs blessures, de maladie, de désespoir, où des gendarmes à cheval chassaient ceux qui s’approchaient des barbelés pour leur venir en aide.
Nos parents, si maltraités, si humiliés par la France officielle, furent ensuite parmi les premiers à se lever contre l’occupant nazi. Dés 1941, les guérilleros espagnols entrèrent dans la lutte armée. C’est La Nueve, la compagnie de la 2ème DB, composée de Républicains espagnols, qui entra la première dans Paris. En même temps qu’au général Leclerc, c’est à un brigadiste français, le colonel Rol Tanguy, que le général nazi commandant la place de Paris, restitua les clefs de la capitale. Depuis, nous mêmes, par notre travail, notre amour pour la France, avons largement remercié la solidarité que le peuple et ses organisations témoignèrent aux nôtres.
Aujourd’hui, 350 000 mille migrants, chassés par les bombes et la misère, sont sur notre sol. A Calais, des femmes, des nourrissons, dorment à même le sol, cachés dans des buissons, quelles que soient les conditions climatiques. Il est interdit aux associations de leur distribuer des vivres en ville. A Paris, 500 mineurs ont dormi dans la rue, à la veille de la rentrée scolaire. Le dernier rapport de la Cimade souligne que de plus en plus d’enfants sont placés derrière les barreaux des centres de rétention.
Les Moussa, Mamadou, Siaka, Fatima, tous les «sans papiers», les clandestins, sont nos amis. Pendant le confinement, nous les avons vus prendre le métro, le train, le bus, pour aller entretenir les rues et les bureaux déserts, faire la plonge et le ménage dans les maisons de retraite, poursuivre les travaux sur les chantiers, ramasser nos poubelles. Et puis, rentrer dans des squats surpeuplés et insalubres. Ils vivent ici, ils travaillent ici, ils sont et seront d’ici.
Enfants des maçons, journaliers, femmes de ménage, médecins, enseignants et intellectuels espagnols, enfants des volontaires des Brigades Internationales, notre mémoire française est emplie des souffrances et humiliations des nôtres, de leur espoir invaincu. Elle ne se confine pas au musée, elle ne se contente pas de témoigner, de commémorer. Elle est vivante et solidaire, elle interprète le présent et anticipe l’avenir. Nous refusons que d’autres générations grandissent parmi nous, la mémoire pleine de cicatrices.
Avec les 230 associations et les syndicats qui les soutiennent, nous
exigeons:
– la régularisation de tous les «sans papiers».
– la fermeture des centres de rétention.
– Un logement pour tous.
Nous affirmons que, pour mettre fin aux trafics d’être humains, il faut aller chercher ceux qui se noient en mer, ceux qui, début septembre, ont vu brûler le camp grec de Moria (12 700 personnes dont 4 000 enfants). Alors que l’hiver approche, les pays de l’Union Européenne négocient misérablement lequel en accueillera 10 ou 50.
L’Europe, la France, qui, au fil des siècles, ont envoyé des millions de migrants se réfugier au «Nouveau monde», coloniser l’Afrique, dont les ports se sont enrichis avec le commerce d’esclaves, traitent les migrants d’aujourd’hui comme des chiens. Nous ne laisserons pas faire.
Derrière chacun des maltraités, humiliés d’aujourd’hui, nous voyons se dresser l’ombre de nos parents. La négation des droits des «sans-papiers», de leur humanité, est telle qu’elle autorise un commentateur comme Zemmour à affirmer sur CNews que «tous» les enfants migrants sont «violeurs, sont assassins, sont voleurs».
Nous avons été ces enfants, sommes leurs enfants et petits-enfants. Nous sommes emplis d’effroi et de chagrin. Nous sommes en rage, la mémoire nous brûle. Cela suffit! Basta ya!
Nous espérons que ceux qui partagent nos souvenirs, celles et ceux qui connaissent, s’indignent et s’émeuvent encore devant ce chapitre de l’histoire signeront et relaieront cet appel. D’ores et déjà, des amis de l’Espagne Républicaine ont tenu à s’y associer.

Sylvie Allouin. Administratrice de «Réfugiés Espagnols En France».
Marie Thérèse Anton. Traductrice-interprète.
Diego Arrabal. Écrivain.
Aline Barbier. Enseignante d’arts plastiques.
Francisco Barreira. Administrateur de «Réfugiés Espagnols en France».
Georges Bartoli. Photographe.
Cali. Auteur, compositeur, interprète.
Pierre Carles. Réalisateur.
Raymond Cubells. Président de l’Amicale Du Camp De Concentration Du Vernet.
Gonzalo Dorado. Cadre Territorial.
Geneviève Dreyfus Armand Auvray. Historienne.
Claudine Ducol. Journaliste.
Céleste Escudero. (veuve de Lény Escudero)
Henri Farreny. Président De l’Amicale Des Anciens Guérilleros Espagnols En France-FFI.
José Fort. Journaliste.
Geneviève Feixas. Psychologue.
José Gonzàlez. Infirmier psychiatrique.
Anna-Maria Guerrero. Éclairagiste spectacle.
Maria Lorente. Administratrice de «Réfugiés Espagnols En France».
Eloy Martinez Monegal. Président de l’ASEREF (Association Pour Le Souvenir De L’exil Républicain En France).
Jean Ortiz. Universitaire.
Joachim Pano. Administrateur de «Réfugiés Espagnols En France».
Maité Pinero. Journaliste. Écrivaine.
Sabine Reynosa. Informaticienne.
Madeleine Riffaud. Résistante, poétesse, correspondante de guerre.
Claire Rol Tanguy. Militante associative.
Olivia Ruiz. Auteure-compositrice-chanteuse. Réalisatrice. Écrivaine.
Raymond San Geroteo. Directeur commercial.
Marie-Françoise Sanchez. Cadre action sociale de l’énergie.
Laurent Sanchis. Éducateur spécialisé.
Émile Turlan. Cadre territorial.
Maxime Vivas. Écrivain. Administrateur du site legrandsoir.info.

 

La fête de l’Humanité… autrement, les 11 et 12 septembre à la Bellevilloise.

La pandémie n’aura pas raison de la Fête. L’événement se réinvente dans un acte de résistance, pour demeurer un véritable espace de débat, de partage et de solidarité.

Dans le cadre du nouveau format de la fête de l’Humanité (conjoncture sanitaire oblige) l’ACER a réservé une table à la Bellevilloise, 19, 21, Rue Boyer à Paris 20ème, pour participer à cet événement et proposer au public des ouvrages sur la guerre d’Espagne, les Brigades internationales, la Résistance ainsi que les Tee-shirts de notre association.

Prix du Bon de soutien à la fête de l’Humanité : 25 € (dont 5 € seront reversés au Secours Populaire Français)

Qu’on se le dise.

Le Bureau de l’ACER

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Christian JOINEAU nous a quittés. C’est avec une très grande émotion que nous apprenons sa disparition. Il se battait contre la maladie depuis plusieurs années avec courage et beaucoup d’énergie.

Le parcours de Christian est celui d‘un militant du PCF et d’un responsable de ce parti à Bagnolet qui sera appelé à y exercer d’importantes responsabilités dont celle d’adjoint au Maire chargé de l’urbanisme, puis, de la jeunesse et des sports.

Comme l’a rappelé José Fort, Christian a été un élément moteur dans la création de l’ACER. Son action militante pour entretenir et préserver la mémoire antifasciste des Républicains espagnols et des volontaires des Brigades Internationales pendant la guerre d’Espagne et la poursuite de ce combat pour un grand nombre d’entre eux dans la Résistance, était pour lui au cœur de sa démarche intellectuelle et citoyenne.

Il était de ceux sur qui nous pouvions compter à la Fête de l’humanité pour faciliter, le cas échéant, l’installation et l’équipement de notre stand.

Nous garderons de Christian le souvenir très chaleureux d’un ami et d’un camarade fidèle à ses convictions, très attaché aux activités mémorielles de l’ACER et qui aimait aussi partager avec ses amis les plaisirs de la vie.

Le Bureau de l’ACER présente à son épouse, à ses enfants et à toute sa famille ses très sincères condoléances en les assurant de son amitié et de toute sa sympathie.

Paris, le 26 août 2020

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Je viens de fermer l’immense et volumineux ouvrage de Paul Preston. Rarement, lecture n’aura été si difficile.

Le sujet ; la logique de guerre décidé par les putschistes de l’armée espagnole pour vaincre la République et annihiler toute forme d’opposition à la future Espagne, nationaliste et catholique voulue par eux.

Paul Preston, le grand historien anglais de la guerre d’Espagne, démontre à quel point, pour Franco et les siens, il s’agissait avant tout d’une guerre idéologique, prioritaire même à la guerre « militaire » qu’il menait pour vaincre la République.

On a beau être informé du sujet de la guerre d’Espagne, on a beau connaitre quelques exemples, tel le bombardement de Guernica, des horreurs perpétrées par les franquistes contre le peuple espagnol, le livre de Preston nous rend cette réalité, page après page, palpable et d’autant plus horrible.

C’est un ouvrage fondamental, essentiel, pour qui s’intéresse à la façon dont le camp nationaliste s’y est pris pour vaincre la République.

Preston démontre que la stratégie de l’horreur a été décidé très tôt par les futurs putschistes, en fait dès l’après victoire des Républicains aux élections de 1931. Il nous rappelle, comment Franco et les félons, « les africanistas » se sont « entrainés » à cette stratégie de l’horreur durant la guerre du Rif, au Maroc, contre les Maures et une nouvelle fois, en 1934, lors de la révolte des Asturies.

En 1931, la droite politique et sociale, menée par les grands propriétaires terriens, refuse la victoire de la République et plus encore ses réformes, mêmes modestes, en faveur d’une plus grande justice sociale.

Par un récit humanisé, à l’appui d’exemples nombreux, concrets et personnalisés, l’auteur nous décrit cette haine sociale des potentats locaux qui les portent à traiter les paysans et les ouvriers comme des sous-hommes, haine sociale, alimentée par des théoriciens nationalistes, réactionnaires et catholiques.

C’est cette même haine, au nom de la défense de leurs intérêts de propriétaires, intérêts qui leur feront commettre les crimes les plus abjects durant la guerre d’Espagne, puisqu’ils soutiennent évidemment l’armée putschiste qui protègent leurs intérêts. Ils le feront avec d’autant moins de remords, qu’ils ont l’absolution de la hiérarchie catholique espagnole. L’Eglise qui voit en la République et dans les revendications du peuple une remise en cause de « l’état naturel des choses », un danger pour l’équilibre social de l’Espagne.

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Nous sommes très attristés par la disparition d’Hortensia VIDAL, dont la jeunesse fut marquée par la guerre d’Espagne et la tragédie de l’exode républicain, et dont nous saluons la permanence de l’engagement républicain tout au long de sa vie.

Nous avions eu plaisir à la rencontrer et l’écouter parler notamment de son voyage jusqu’au Chili sur le Winnipeg.

Nous te présentons ainsi qu’à toute sa famille nos plus sincères condoléances de la part de l’ACER.

L’hommage d’Onzain

Anciens combattants, syndicalistes, adhérents du Parti communiste et élus du canton s’étaient donné rendez-vous mardi après-midi au rond-point du belvédère à Onzain (commune déléguée de Veuzain-sur-Loire) pour rendre un dernier hommage à Cécile Rol-Tanguy. Le convoi funéraire, parti de Blois, devait rallier le cimetière de Monteaux, lieu de l’inhumation de cette grande dame de la Résistance. Les maires, les porte-drapeaux et les habitants ont vivement applaudi au passage du cortège précédé par les motards. L’émotion était palpable quand Le Chant des partisans a retenti sur les bords de Loire.


A Blois, élus locaux, communistes et cégétistes rendent hommage à la résistante Cécile Rol-Tanguy

Sur le pont Jacques-Gabriel, à Blois, les drapeaux rouges de la CGT et du Parti communiste français (PCF) flottent au vent. Il est 13 h 45 et les représentants du premier parti de France au sortir de la Deuxième Guerre mondiale et ceux du syndicat attendent le convoi funéraire transportant Cécile Rol-Tanguy, figure de la Résistance, morte à 101 ans. C’est notamment elle qui avait tapé l’ordre de l’insurrection parisienne dicté par son mari devenu le chef militaire des Forces françaises de l’intérieur (FFI) d’Ile-de-France, qui aboutira ensuite à la libération de Paris.

Décédée le 8 mai à son domicile de Monteaux, celle qui avait épousé Henri Tanguy – rencontré au syndicat des Métaux CGT de Paris où elle était employée – a été « agent de liaison » en transportant des armes, des messages et des tracts, et a aussi « défendu la cause des femmes », rappelle Christine Bariaud, co-secrétaire générale de l’union départementale CGT 41. Souhaitant « rendre hommage de manière militante » à Cécile Rol-Tanguy, les communistes et les cégétistes lui ont fait une haie d’honneur avant d’entonner Le Chant des partisans en traversant le pont, pour certains le poing levé.

De l’autre côté, place de la Résistance, c’est la Marseillaise qui a été chantée par le maire de Blois Marc Gricourt, accompagné de quelques élus locaux, des associations patriotiques et des porte-drapeaux. Le premier édile « proposera, fin juin, de donner le nom de “ la grande dame ” à un lieu public de la ville ».


Une cérémonie simple et digne pour l’adieu à Cécile Rol-Tanguy

De Blois à Monteaux en passant par Onzain, le Loir-et-Cher a salué hier le convoi funèbre d’une grande figure de la Résistance, décédée le 8 mai. Les honneurs militaires lui ont été rendus.

Recouvert du drapeau tricolore le cercueil semble petit, finalement, pour une si grande dame. Ce mardi 12 mai, après avoir cheminé le long de la Loire depuis Blois, escorté par deux motards de la gendarmerie, le cortège funéraire de Cécile Rol-Tanguy est arrivé à sa dernière étape au cimetière de Monteaux. C’est dans ce petit village, entre la Cisse et le coteau, qu’elle a vécu une retraite discrète et paisible, au côté de son époux, le colonel Henri Rol-Tanguy, disparu en 2002.

Les roses rouges Dans le bourg, les habitants se sont réunis pour saluer la défunte au passage du convoi, tandis qu’une jeune violoniste accompagnée d’un tambour jouait Le Chant des partisans.
À l’écart du village, devant la grille du minuscule cimetière, l’hommage est silencieux, simple et digne à l’image de la défunte. C’est le moment de saluer la mémoire de celle qui fut une combattante de l’ombre, celle dont le père est mort en déportation à Auschwitz et qui était entrée dès juillet 1940 dans la clandestinité, une date qui n’est pas anodine au regard de l’Histoire.
Médaillée de la Résistance, grand-croix de l’ordre national du Mérite, grand officier de la Légion d’honneur, elle portait ses décorations en souvenir de ses camarades morts dans la lutte contre l’occupant nazi et ses affidés. C’est aussi devant ce souvenir que se figent Yves Rousset, le préfet de Loir-et-Cher, la colonelle Isabelle Poirot et les vingt-deux militaires de la section d’honneur venus du Détachement air de Romorantin, au garde-à-vous baïonnette au canon. Chacun s’efforçant de respecter la distanciation physique même si ce n’est décidément guère facile en pareille circonstance.
La présidence de la République a envoyé une lettre à la famille et fait porter des fleurs, tout comme plusieurs ministres (Jacqueline Gourault, Élisabeth Borne) ainsi que le président du conseil départemental, Nicolas Perruchot, représenté par Catherine Lhéritier, élue du canton.
Des gerbes et des couronnes, il y en a d’ailleurs un plein fourgon. Beaucoup de roses rouges, la couleur fétiche de la disparue, restée toute sa vie fidèle à l’idéal communiste. « En 2019, nous lui en avions offert une centaine pour son anniversaire », raconte Yves Lehouelleur, le maire de Monteaux. Il garde le souvenir d’une personne « stricte et élégante », qui ne manquait jamais de remplir son devoir électoral. Et pour cause ! « On ne nous a pas donné le droit de vote, nous l’avons conquis en nous battant dans la Résistance », ne manquait jamais de rappeler Cécile Rol-Tanguy.
Seule la famille franchit la grille du cimetière : les quatre enfants de Cécile et Henri, leurs petits-enfants, quelques proches, munis de masques pour plusieurs d’entre eux. En raison de la crise sanitaire, les obsèques ne peuvent actuellement réunir plus de 20 personnes. Quelques mots émus s’envolent dans le vent frisquet, puis une voix s’élève. Celle d’Yves Montand qui chante A Paris.

Muere a los 101 años Cécile Rol-Tanguy, heroína de la Resistencia francesa

La que fuera esposa del líder de la Liberación de París tuvo un papel clave en la lucha contra el nazismo

Silvia Ayuso El Pais 9/5/2020

A muchas mujeres que tuvieron un papel clave en la historia se las suele relegar al papel de “esposa de”. Así le ocurrió a menudo a Cécile Rol-Tanguy, casada, sí, con Henri Rol-Tanguy, el héroe de la Liberación de París en 1944, pero también heroína por derecho propio de la Resistencia. Fue muestra de que la lucha antifascista se produjo, en buena parte, por las mujeres. Justo en el día en que, este 8 de mayo, se conmemoraba el 75 aniversario del fin de la Segunda Guerra Mundial, se apagaba la vida de Cécile Rol-Tanguy a los 101 años, no sin antes haber conseguido un reconocimiento propio en la historia.

Cécile Rol-Tanguy falleció en su casa en Monteaux, en el centro de Francia, informó su familia. “Con ella desaparece una de las últimas figuras de la resistencia interior francesa y, más precisamente, de la Liberación de París en agosto de 1944”, dijeron sus familiares en un comunicado remitido a la Agencia France Presse. Su avanzada edad ya le impidió, el año pasado, asistir a la inauguración del Museo de la Liberación en conmemoración del 75 aniversario del fin de la ocupación nazi de la capital francesa, en la que los Rol-Tanguy tuvieron un papel fundamental. El museo se erige en la avenida Coronel Rol-Tanguy, en el distrito 14 de París, frente a la entrada a las catacumbas que le sirvieron a Henri Rol-Tanguy como cuartel general desde el que dirigió la insurrección parisina que llevó a la liberación de la capital cuando entraron las tropas del General Leclerc, con los soldados españoles de la brigada La Nueve a la cabeza.

Una tarea en la que Cécile también trabajó activamente, como recordaba el año pasado su hijo Jean Rol-Tanguy en declaraciones a este diario. “Mi madre también estaba allí toda la semana”, subrayó sobre el papel que tuvo Cécile. “Mis padres lucharon por una serie de ideas, la libertad, la democracia. Hoy en día, un poco por todas partes, incluso en Francia, se elevan voces retrógradas, profascistas o pronazis. Es hora de que recordemos estos ideales y esos combates”.

La lucha política siempre formó parte de la vida de esta hija única de un obrero electricista y militante comunista que, tras entrar también en la Resistencia, falleció en Auschwitz en 1942. También su madre fue resistente. Nacida el 10 de abril de 1919 en Royan, en el departamento de Charente-Maritime, Cécile Le Bihan, su nombre de soltera, creció en las afueras de París y en la propia capital, donde en 1936 entró a trabajar como mecanógrafa —oficio que sería clave en su etapa de combatiente clandestina— en las oficinas de la sede metalúrgica de la CGT. Fue allí donde conoció a su marido, Henri Tanguy, poco antes de que este obrero comunista partiera a combatir en las Brigadas Internacionales durante la Guerra Civil española, donde luchó entre 1937 y 1938. De España regresó tras participar en la batalla del Ebro con una herida y con el alias que acabaría formando parte de su apellido, Rol, que Henri adoptó durante su lucha en la clandestinidad en honor a un amigo caído en España.

Ambos contrajeron matrimonio en 1939, poco antes del comienzo de la Segunda Guerra Mundial. Mientras Henri era llamado a filas y se le perdía la pista, Cécile entraba en la Resistencia, mecanografiando octavillas y artículos insurgentes. Cuando su marido regresó a París y se unió a la lucha clandestina, en octubre de ese año, se convirtió también en su oficial de enlace. La familia creció —sus hijos Hélène y Jean nacieron en 1941 y 1943— mientras continuó el trabajo clandestino de la pareja. Cécile usaba el carrito de bebé de sus hijos para esconder documentos secretos para la red comunista de los Francs-tireurs et partisans (FTP), de la que su marido era uno de los líderes parisinos. Henri, ya bajo el nom de guerre de Coronel Rol, escaló puestos hasta acabar siendo nombrado, en junio de 1944, jefe regional de la región parisina de las FFI, las Fuerzas Francesas del Interior. Todo ese tiempo de lucha clandestina, Cécile siguió combatiendo a su lado. También en ese verano de 1944, en el que se jugó el fin de la ocupación de París y el principio del fin de todo el conflicto bélico.

Muestra de su papel fundamental es el hecho de que Cécile Rol-Tanguy formó parte de la delegación recibida por el general Charles de Gaulle en el Ministerio de la Guerra el 27 de agosto de 1944, junto con otra veintena de jefes de la resistencia parisina.

“Portadora de las más altas distinciones de la República (gran oficial de la Legión de Honor, Gran Cruz de la Orden Nacional del Mérito, Medalla de la Resistencia, Cruz del Combatiente Voluntario de la Resistencia) ella fue emblemática del lugar de las mujeres en el combate contra (el régimen de) Vichy y el ocupante nazi”, recordó su familia. A la muerte de su marido, en 2002, continuó participando en las conmemoraciones de la derrota nazi. Como subrayaron este viernes sus hijos, “hasta su último aliento, Cécile Rol-Tanguy dio testimonio de su fidelidad a la utopía generosa del comunismo, a sus compromisos de juventud por la justicia social y por la emancipación de la mujer”.

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Jusqu’à sa mort, le 8 mai à l’âge de 101 ans, elle défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.

Par

L’engagement des femmes dans la Résistance française fut longtemps occulté. Souvent, l’importance de leur rôle fut découverte après la mort de leur mari. Ce fut le cas de l’épouse du colonel Rol-Tanguy (1908-2002), chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la région parisienne, connu pour avoir mené la libération de Paris avant l’entrée des blindés du général Leclerc, le 24 août 1944. Jusqu’à sa mort, le 8 mai, à l’âge de 101 ans, Cécile Rol-Tanguy défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.

Née le 10 avril 1919 à Royan (Charente-Maritime), elle grandit au Vésinet (Yvelines), puis à Paris dans le 19e arrondissement, dans une famille d’ouvriers communistes. Son père, François Le Bihan, électricien, militant CGT au Secours rouge international, héberge avec son épouse de nombreux responsables communistes tchèques, hongrois, yougoslaves, italiens et allemands, exilés politiques en France.

La rencontre avec Henri Tanguy

Après avoir obtenu son brevet, Cécile Le Bihan est embauchée en 1936 comme dactylographe à la fédération CGT de la métallurgie, où elle fait la connaissance d’Henri Tanguy, un Parisien d’origine bretonne qui a quitté l’école à 13 ans et a été renvoyé de plusieurs usines d’automobiles pour y avoir organisé des grèves. Elle devient sa marraine de guerre, après qu’il obtient l’autorisation du Parti communiste français (PCF) pour rejoindre les Brigades internationales pendant la guerre civile en Espagne, en 1937 et 1938. Il en reviendra avec une blessure à la poitrine et un surnom de guerre – Rol, le nom de son ami Théo, tué par les Franquistes.

Après leur mariage, en 1939, vient le temps des drames. Son père, François Le Bihan, est arrêté en avril 1940. Accusé d’avoir tenté de reconstituer le PCF alors dissous, il est écroué à la prison de la Santé, à Paris. Il sera déporté à Auschwitz où il mourra en 1942. Elle n’a aucune nouvelle de son mari, Henri Tanguy, mobilisé en 1939, affecté dans une usine d’armement près de la frontière pyrénéenne. Bientôt, leur petite fille de 7 mois, Françoise, tombe malade. Le bébé meurt le 12 juin, alors que les troupes allemandes entrent dans la capitale.

« Je n’avais plus rien, racontait-elle. Mon père avait été arrêté, mon mari, je ne savais pas où il était, et j’avais perdu ma petite fille. Qu’est-ce qui me retenait ? Je rentrai dans la Résistance. Ça m’a aidée. Ça m’a apporté quelque chose. » Contactée par la CGT, devenue clandestine, elle accepte de dactylographier des tracts et des articles pour des journaux de la Résistance. Lorsque son mari rentre à Paris, en octobre, elle devient son agente de liaison.

La Résistance et la Libération

Deux autres enfants, Hélène et Jean, naissent en 1941 et en 1943. Elle se sert de la poussette qui les transporte pour y cacher des documents secrets pour le réseau communiste des Francs-tireurs et partisans (FTP). Sous les rutabagas et les poireaux de son cabas, elle dissimule pistolets, grenades et détonateurs. Alors que son mari passe de planque en planque, elle vit avec sa mère et utilise des prénoms d’emprunt : Yvette ou Lucie.

Dans la nuit du 18 au 19 août 1944, c’est elle qui tape à la machine le tract appelant les Parisiens à s’insurger : « Aux patriotes aptes à porter des armes. (…) La France vous appelle ! Aux armes, citoyens ! ». Le 20, elle est de nouveau aux côtés du colonel Rol lorsque celui-ci installe son PC dans les catacombes, à vingt-six mètres sous le lion de la place Denfert-Rochereau. C’est là que le chef régional des FFI organise le soulèvement parisien. Cinq jours plus tard, après de rudes combats, les Parisiens fêtent la Libération, alors que les chars alliés entrent dans la capitale. Cécile Rol-Tanguy sort de l’ombre. Elle est reçue au ministère de la guerre, le 27, avec son mari ainsi qu’une vingtaine de chefs de la Résistance parisienne, par le général de Gaulle.

Après le décès de son mari, en 2002, elle continuera à témoigner. « J’ai longtemps accompagné mon mari pour évoquer la Résistance, disait-elle. Quand il est parti, l’idée qu’on allait oublier son combat et celui de tant d’autres ne me plaisait pas. Alors je me suis lancée, sans jamais penser à ce qui me tomberait dessus… »

Cécile Rol-Tanguy, en quelques dates

10 avril 1919 : naissance à Royan (Charente-Maritime)

1936 : sténodactylo à la Confédération générale du travail (CGT)

1939 : épouse Henri Rol-Tanguy

1940-1944 : agente de liaison dans la Résistance

8 mai 2020 : mort à Monteaux (Loir-et-Cher)

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