Au motif qu’elle prétendrait, en se référant à l’esprit « de réconciliation et de concorde » de la loi sur la Mémoire Historique adoptée par les Cortes en 2007 (sur proposition du gouvernement de Luis Zapatero), agir pour éviter la division entre les Espagnols, la municipalité de Madrid a ordonné la destruction d’un monument mémoriel dans le cimetière de l’Est (la Almudena) sur lequel figuraient les noms de 2 936 personnes fusillées sous le régime dictatorial de Franco. Le but étant, selon la Mairie, de remplacer ce mémorial par un monument ayant vocation à pouvoir rendre hommage à toutes les victimes de la guerre civile et de la post-guerre, mettant ainsi sur le même plan victimes et bourreaux.

Quelle ignominie !

La Mairie Madrid, sous la signature de son 2ème adjoint, répond à notre lettre de protestation du 5 Novembre 2020, non sans cynisme et hypocrisie, (voir texte ci-joint) et nous fait savoir :

  • Qu’il regrette sincèrement notre étonnement et notre indignation « au sujet des initiatives prises par la Mairie de Madrid » selon lui « en rapport avec la Mémoire Historique de notre pays ».
  • Qu’il persiste à penser que les initiatives de la Mairie de Madrid sont respectueuses de toutes les victimes de la guerre et conformes à la loi de 2007 sur la Mémoire Historique.

En conséquence, il nous faut comprendre que la Mairie de Madrid ne veut rien entendre et demeure sur ses positions intransigeantes quant à la poursuite de ses actions attentatoires à la Mémoire Historique Démocratique. Dans ces conditions, nous n’avons pas d’autre alternative que de soutenir les actions engagées par la Plateforme en Défense du mémorial du Cimetière de l’EST pour en appeler à l’opinion publique.

L’ACER

 


 

Traduction de la réponse de la Mairie de Madrid, sous la signature de son 2ème adjoint :

 

Le maire de Madrid m’a demandé de répondre à votre courrier du 5 courant.

En premier lieu je souhaite vous en remercier et, au nom de Monsieur le Maire, et avec tout le respect dû à l’organisation que vous représentez, je dois vous dire que je ne partage pas vos considérations, légitimes cependant, et que je regrette sincèrement votre étonnement et votre indignation au sujet des initiatives prises par la Mairie de Madrid qui sont en rapport avec la Mémoire Historique de notre pays.

En effet, car, paradoxalement, ces initiatives soulignent le ferme engagement de la Mairie de Madrid pour respecter la loi 52/2007 dans laquelle on reconnaît et élargi les droits et l’on prévoit des mesures en faveur de ceux qui ont souffert des persécutions et des violences pendant la guerre civile et la dictature.

Une loi qui appelle à l’esprit de réconciliation et de concorde, à la volonté de se retrouver et à éviter la division entre les espagnols. Notre engagement nous pousse à essayer de mettre en accord nos actes avec la loi et les recommandations du responsable de la Mémoire Historique de la Mairie de Madrid qui a proposé, le 7 mars dernier, une plaque sur laquelle ne figureront plus les noms des personnes fusillées. C’est ce que nous avons fait.

Il est vrai que le responsable de la Mémoire Historique a fait une autre proposition : ériger un monument aux victimes de ce que l’on a appelé « la terreur rouge » pendant la guerre civile. Mais cette proposition n’a pas été retenue par notre équipe municipale, la précédente non plus d’ailleurs.

En ce qui nous concerne, étant donné le prix du premier mémoriel, 600.000 € nous avons considéré qu’il n’était pas sensé de dépenser une somme pareille pour ériger un deuxième monument. On rendra hommage ainsi à toutes les personnes qui ont été fusillées pendant ces terribles et dramatiques années de la guerre civile et de la post-guerre ;

Je regrette que cette décision qui prétend être un hommage de la Municipalité de Madrid, sincère, respectueux et émouvant, à toutes les victimes qui ont, ici, perdu leur vie pendant cette triste période de notre Histoire, vous semble revancharde et sectaire : je crois, sincèrement qu’elle est approuvée par l’immense majorité des madrilènes.

En ce qui concerne le changement de nom de deux rues de la ville de Madrid, je voudrais vous dire qu’il s’agit d’une décision adoptée au sein le l’instance supérieure de la représentation politique des citoyens de cette ville qui est le Conseils municipal. Un accord pris en conformément à la Loi 52/2007.

Le respect de la loi, de celle-ci et de toutes les autres, au-delà de toute considération, constitue l’un des principaux piliers de l’Etat de Droit en Espagne et en définitive de la démocratie, grâce à la Constitution et a une Transition exemplaire, dont jouissent les espagnols depuis plus de quarante ans. Quatre décennies qui ont été, précisément, les plus fécondes de notre Histoire dans tous les domaines et particulièrement en ce qui concerne le bien-être et la reconnaissance des droits et libertés de l’ensemble des espagnols.

11.11.2020

 

VERSION ESPAGNOLE

 

Paris, le 5 novembre 2020 / Monsieur Jose Luis MARTINEZ-ALMEIDA / Maire de Madrid/alcade@madrid.es

Monsieur le Maire,

Notre association porte la mémoire des volontaires internationaux, Français et étrangers, venus soutenir la République espagnole démocratiquement élue en 1936.

Nous sommes très sensibles à ce tout ce qui touche la reconnaissance pleine et entière de la mémoire démocratique de cette période tragique de votre pays – tronquée pendant de trop longues années de dictature. Nous saluons tous les progrès qui sont faits dans ce sens, en particulier grâce au travail des associations et de nombreux historiens pour donner une vision véritablement historique de cette période.

Aussi, quelle ne fut pas notre stupeur et notre indignation d’apprendre les décisions de la Municipalité que vous présidez concernant le retrait de plaques au cimetière de l’Est de Madrid qui se trouve ainsi défiguré, bafouant la mémoire des victimes de la dictature franquiste.

Cet acharnement sur les symboles funéraires de la répression franquiste et le retrait des plaques des noms de rues d’Indalecio PRIETO et Francisco LARGO CABALLERERO, respectivement Ministre et Président du Conseil d’un gouvernement légal, sont choquants pour tout démocrate.

Avec les associations signataires de la Plataforma del Memorial del cementerio del Este de Madrid, nous dénonçons avec vigueur l’attitude revancharde et sectaire de la Municipalité de Madrid qui ne peut que provoquer discorde et affrontement.

Aussi, nous demandons le rétablissement à Madrid de toutes les plaques rappelant la période historique de la République espagnole et de ses représentants démocratiquement élus, et de tous ceux témoignant de la répression de la dictature franquiste contre la démocratie qui ont été profanés au cimetière de l’Est.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, à l’assurance de nos sentiments distingués.

Claire ROL-TANGUY, Secrétaire Générale de l’ACER

La Municipalité actuelle de Madrid a décidé de porter des coups inadmissibles à la mémoire démocratique de l’Espagne.
Depuis 2019, elle s’acharne sur les symboles funéraires de la répression franquiste au cimetière de l’Est de Madrid.
Elle a enlevé les plaques sur lesquelles figuraient les noms des 2 936 personnes fusillées les premières années de la Dictature et de la Post-guerre 1936-1944, pour l’unique raison d’avoir défendu la Liberté, la Démocratie et la Justice sociale. Le 16 février 2020, le poème de Miguel Hernandez gravé sur le Mémorial a également été effacé.
Elle a approuvé récemment le retrait des noms des rues d’Indalecio Prieto y Francisco Largo Caballero, ministre des gouvernements de la Seconde République et Président du Conseil de Ministres.
Nous publions ci-dessous le texte de dénonciation de la Plateforme en Défense du Mémorial du Cimetière de l’Est de Madrid.
Avec les associations signataires de cette Plateforme, nous dénonçons avec vigueur l’attitude autoritaire, revancharde et sectaire de la Municipalité de Madrid qui provoque la discorde et l’affrontement dans une société étrangère à leur discours de haine.
Nous demandons le rétablissement de toutes les plaques rappelant la période historique de la République espagnole et de ses élus démocratiquement élus, et de tous ceux témoignant de la répression de la dictature franquiste qui ont été profanés par la Municipalité de Madrid.

MEMOIRE DEMOCRATIQUE POUR LA MAIRIE DE MADRID

VERSION ESPAGNOLE

Les organisations mémorielles et des victimes du franquisme, les partis politiques, les organisations syndicales, sociales, les personnalités et les entités culturelles membres de la Plateforme de défense du Mémorial du Cimetière de l’EST de Madrid, font savoir que :

Le 25 novembre 2019, l’équipe actuelle de la Mairie de Madrid, formée par le Partido Popular et Ciudadanos, a enlevé les plaques sur lesquelles figuraient les noms des 2936 personnes fusillées les premières années de la Dictature et de la Post-guerre 1936-1944 dans le Cimetière de l’Est de Madrid, pour l’unique raison d’avoir défendu la Liberté, la Démocratie et la Justice sociale. Le 16 février 2020, le poème de Miguel Hernandez gravé sur le Mémorial a également été effacé.

La municipalité de Madrid fait preuve d’une attitude autoritaire, revancharde et sectaire qui provoque la discorde et l’affrontement dans une société étrangère à leur discours de haine.

Il y a en Espagne des dizaines de monuments dédiés aux victimes du franquisme semblables à celui qui vient d’être détruit par la Mairie de Madrid ; plusieurs d’entre eux érigés par des municipalités du parti de Monsieur Martinez Almeida.

Tout récemment, la municipalité de Madrid et les forces politiques qui la composent et la soutiennent ont perpétré une nouvelle agression à la Mémoire Démocratique en approuvant le retrait des noms des rues d’ Indalecio Prieto y Francisco Largo Caballero, ministre des gouvernements de la Seconde République et Président du Conseil de Ministres, en se référant de façon revancharde à la Loi de la Mémoire Historique de 2007  mais avec une interprétation révisionniste et négationniste de l’histoire malgré les évidences et la documentation historique. De surcroit, l’infâme agression s’est poursuivie par un autre attentat de la municipalité contre une plaque en souvenir de Largo Caballero. La ville qui a dédié l’une de ses rues à la 250ème Division de la Wehrmacht ayant combattu les alliés sous les ordres d’Adolf Hitler, a, aujourd’hui, détruit une plaque commémorative rendant hommage au déporté 69.040 du camp d’extermination nazi de Sachsenhausen.

C’est pourquoi, les organisations de la Plateforme pour la Défense du Mémorial du cimetière de l’EST, exigent à nouveau (comme elles l’ont déjà fait le 30 janvier 2020) la démission du Maire de Madrid, Monsieur Martinez Almeida et de son premier Adjoint Mme Villacis pour les raisons suivantes :

1)    La destruction du Mémorial du Cimetière de l’Est constitue une humiliation supplémentaire faite aux victimes du franquisme à Madrid et apporte la preuve de l’absence de la plus élémentaire Culture Démocratique et des Droits Humains.

2)    La réinterprétation du Mémorial, une fois supprimés les noms des antifascistes, est une tentative inacceptable de confondre les victimes de guerre avec les victimes de la revanche fasciste en temps de paix ainsi que les membres de la cinquième colonne, complices des putschistes et de leurs bombardements de Madrid, avec ceux qui ont défendu la Légalité Républicaine.

3)    Avec cette décision on cherche à mettre sur le même plan les victimes franquistes, reconnues et les républicains, ignorés et méprisés pendant plus de 80 ans.

4)    Les collectifs mémoriels et des Droits Humains dénoncent l’agression contre la Mémoire des deux dirigeants démocratiques élus, Indalecio Prieto et Largo Caballero. Ces comportements ont pour conséquence que des forces politiques qui se disent démocratiques se confondent avec leurs alliés fascistes. Les excès négationnistes qui caractérisent la politique mémorielle de l’actuelle municipalité de Madrid seraient impensables dans n’importe quelle ville d’un pays démocratique.

5)    Cette municipalité refuse le droit à la Mémoire Démocratique caractéristique de toute société civilisée et gaspille les fonds publics en finançant leurs actes de vandalisme perpétrés dans le Cimetière de l’Est et contre le monument en hommage à Largo Caballero.

6)    Les organisations de la Plateforme pour la défense du Mémorial du Cimetière de l’Est, exigent la démission irrévocable de José Luis Martinez Almeida, Maire de Madrid, et de Begoña Villacis, sa première Adjointe pour avoir fait preuve d’un mépris total pour les victimes du génocide de la dictature franquiste et pour leur ignorance des lois et principes universels du droit à la vérité, à la justice et à la réparation.

Elles exigent la reconstruction du Mémorial du Cimetière de l’Est à l’identique, le retrait de l’accord du 29 septembre dernier, la remise en place de la plaque en hommage à Largo Caballero et que les responsables de ces actes présentent des excuses publiques aux familles et à tous les citoyens.

Ces organisations demandent également au Gouvernement espagnol la construction d’un Mémorial sur des terrains appartenant à l’Administration Générale de l’Etat à Madrid, en hommage à toutes les victimes du franquisme dans la communauté de Madrid qui ont été assassinées pour avoir défendu la démocratie et la liberté.

Nous appelons la société civile à se mobiliser contre l’agression perpétrée contre le Mémorial du cimetière de l’Est en premier lieu, contre les familles de ceux qui ont payé de leur vie leur engagement pour la défense de la légalité démocratique, mais également, contre les droits humains, la Démocratie et la Mémoire Démocratique collective.

Nous demandons le soutien de tous les démocrates et de toute la société pour condamner l’outrage fait à la Mémoire de tous ceux qui ont lutté contre la dictature.

                                                                                    Madrid, le 30 octobre 2020

Plataforma en Defensa del Memorial del cementerio del Este de Madrid

plataformadefensamemorial@gmail.com

Calle Carretas nº 14, 2º H.– 28012 MADRID

COLECTIVOS Y ORGANIZACIONES QUE APOYAN EL MANIFIESTO

COLLECTIFS ET ORGANISATIONS QUI SOUTIENNENT LE MANIFESTE

1 PLATAFORMA CONTRA LA IMPUNIDAD DEL FRANQUISMO

2 AMICAL DE MAUTHAUSEN Y OTROS CAMPOS Y DE TODAS LAS

VÍCTIMAS DEL NAZISMO DE ESPAÑA

3 TODOS LOS NIÑOS ROBADOS SON TAMBIÉN MIS NIÑOS

4 FORO POR LA MEMORIA DE LA COMUNIDAD DE MADRID

5 FEDERACIÓN ESTATAL DE FOROS POR LA MEMORIA

6 MUJERES SUPERVIVIENTES DE VIOLENCIAS DE GÉNERO.

7 RED ROJA

8 FORO PACIFISTA DE CIUDAD REAL

9 ASOCIACIÓN AMISTAD 1 DE MAYO FUENCARRAL EL PARDO

10 CASA VECINAL DE TETUÁN

11 PARTIDO COMUNISTA DE ESPAÑA

12 PSOE-M

13 MUNIMADRID DF.

14 PLATAFORMA VALLECANA X LA DIGNIDAD SOCIAL

15 ASOCIACIÓN DE FAMILIARES DE FUSILADOS DE NAVARRA EN 1936 –  AFFNA36

16 ASOCIACIÓN FORO POR LA MEMORIA DE ARAGÓN

17 ASOCIACIÓN VECINAL ALTO DEL ARENAL

18 PLATAFORMA DE AFECTADOS POR LA HIPOTECA-STOP   DESAHUCIOS MADRID (PAH MADRID)

19 PIRENAICA DIGITAL

20 COLICHE (COLECTIVO POR LA PAZ LA SOLIDARIDAD Y LA JUSTICIA DE LOS PUEBLOS)

21 FORO SOCIAL DE LA RIOJA

22 MADRES CONTRA LA REPRESIÓN

23 ASOCIACIÓN DE EXPRESOS Y REPRESALIADOS POLÍTICOS ANTIFRANQUISTAS

24 ATENEO REPUBLICANO DE CARABANCHEL

25 CENTRO DE ESTUDIOS HISTÓRICOS FERNANDO MORA DE VALLECAS

26 ADARSO – ASOCIACIÓN PARA O DESENVOLVEMENTO E ANÁLISE DA RIBEIRA SACRA OURENSÁ

27ASOCIACIÓN ANDALUZA DE VÍCTIMAS DE LA TRANSICIÓN

28 ASOCIACIÓN MESA DE MEMORIA HISTÓRICA DEL DISTRITO DELATINA

29 ORGANIZACIÓN SOCIAL DE MAYORES DE IZQUIERDAS

30 AMAL. ASOCIACIÓN MADRILEÑA DE ATEOS Y LIBREPENSADORES.

31 ALTERNATIVA REPUBLICANA

32 AFAMEVVA- ASOCIACIÓN DE FAMILIARES DEL MEMORIAL DE VILLANUEVA DE LA SERENA.(BADAJOZ)

33 UGT-MADRID

34 FORO POR LA MEMORIA DE TOLEDO

35 ASOCIACION AY CARMELA DE PESSAC (FRANCIA)

36 ASOCIACIÓN PRO DERECHOS HUMANOS DE ESPAÑA

37 ASSOCIATION POUR LE SOUVENIR DE L’EXIL RÉPUBLICAIN ESPAGNOL EN FRANCE (ASEREF)

38 COLECTIVO REPUBLICANO ANTONIO MACHADO DE SEGOVIA

39 IZQUIERDA UNIDA MADRID

40 MÁS MADRID

41 LA COMUNA, ASOCIACIÓN DE PRESXS Y REPRESALIADXS DEL FRANQUISMO

42 ASOCIACIÓN MEMORIA HISTÓRICA DE CARTAGENA

43 AREKA ELKARTEA

44 ASOCIACIÓN TERRES DE MÉMOIRES ET DE LUTTES DE OLORON-SAINTE-MARIE (FRANCIA)

45 CAUM (CLUB DE AMIGOS DE LA UNESCO DE MADRID)

46 AFETÍ -ASSOCIACIÓ FEMINISTA DE TÍRIG-

47 PARTIDO COMUNISTA DE ESPAÑA (MARXISTA-LENINISTA)

48 JUVENTUD COMUNISTA DE ESPAÑA (MARXISTA-LENINISTA)

49 ORREAGA FUNDAZIOA

50 FEDERACIÓN DE PENSIONISTAS Y JUBILADOS DE CCOO DE MADRID

51 MESA DE DEMOCRACIA PARTICIPATIVA, LAICISMO, TRANSPARENCIA Y MEMORIA HISTÓRICA DEL FORO LOCAL DE CARABANCHEL

52 COMITÉ DE EMPRESA DE LA USMR CCOO MADRID

53 COLECTIVO DE VÍCTIMAS DEL FASCISMO DE LA TORRE DE ESTEBAN HAMBRÁN, TOLEDO (VFTEH)

54 FORO POR LA RECUPERACIÓN DE LA MEMORIA DEMOCRÁTICA DE LAS VEGAS

55 ASOCIACIÓN DE VECINOS LA UNIÓN DE VALLECAS

56 ASOCIACIÓN 24 AOÛT 1944, LA NUEVE (DE PARIS)

57 MUJERES X LA REPÚBLICA

58 MADRES UNIDAS CONTRA LA DROGA

59 PLATAFORMA DE ASOCIACIONES MEMORIALISTAS DE ARAGÓN-PAMA-

60 COORDINADORA NAVARRA DE PUEBLOS POR LA MEMORIA:AMAPOLA DEL CAMINO / BIDEKO MITXINGORRIA

61 ASOCIACIÓN PARA LA RECUPERACIÓN DE LA MEMORIA HISTÓRICA DE ALCALÁ DE HENARES (ARMHADH)

62 CENTRO PASTORAL SAN CARLOS BORROMEO

63 ASOCIACIÓN POR LA RECUPERACIÓN DE LA MEMORIA HISTÓRICA DE ARAGÓN (ARMHA)

64 MESDE (ASOCIACIÓN DE LA MEMORIA SOCIAL Y DEMOCRÁTICA)

65 KOSLADA ANTIFASCISTA

66 ASOCIACIÓN DE AMIGOS DE LAS BRIGADAS INTERNACIONALES

67 CCOO DE MADRID

68 BLOQUE ANTIFASCISTA DE LOGROÑO

69 FUNDACIÓN FRANCISCO LARGO CABALLERO

70 FEDERACIÓN REPUBLICANOS

71 CONFEDERACIÓN TERRITORIAL DE MADRID, CASTILLA LA MANCHA Y EXTREMADURA DE CGT

72 COMISIÓN DE MEMORIA LIBERTARIA DE CGT

73 ASOCIACIÓN TXINPARTA-FUERTE SAN CRISTÓBAL RED DE MEMORIA COLECTIVA

74 ASOCIACIÓN CULTURAL BATUSEIRA

75 ASOCIACIÓN MARCOS ANA

76 ASOCIACIÓN DE MEMORIA HISTÓRICA DEL BAIX LLOBREGAT

77 PODEMOS COMUNIDAD DE MADRID

78 JUVENTUDES DEL PARTIDO EQUO

79 ASOCIACIÓN GRANADINA VERDAD JUSTICIA Y REPARACIÓN

La fête de l’Humanité… autrement, les 11 et 12 septembre à la Bellevilloise.

La pandémie n’aura pas raison de la Fête. L’événement se réinvente dans un acte de résistance, pour demeurer un véritable espace de débat, de partage et de solidarité.

Dans le cadre du nouveau format de la fête de l’Humanité (conjoncture sanitaire oblige) l’ACER a réservé une table à la Bellevilloise, 19, 21, Rue Boyer à Paris 20ème, pour participer à cet événement et proposer au public des ouvrages sur la guerre d’Espagne, les Brigades internationales, la Résistance ainsi que les Tee-shirts de notre association.

Prix du Bon de soutien à la fête de l’Humanité : 25 € (dont 5 € seront reversés au Secours Populaire Français)

Qu’on se le dise.

Le Bureau de l’ACER

Christian JOINEAU nous a quittés. C’est avec une très grande émotion que nous apprenons sa disparition. Il se battait contre la maladie depuis plusieurs années avec courage et beaucoup d’énergie.

Le parcours de Christian est celui d‘un militant du PCF et d’un responsable de ce parti à Bagnolet qui sera appelé à y exercer d’importantes responsabilités dont celle d’adjoint au Maire chargé de l’urbanisme, puis, de la jeunesse et des sports.

Comme l’a rappelé José Fort, Christian a été un élément moteur dans la création de l’ACER. Son action militante pour entretenir et préserver la mémoire antifasciste des Républicains espagnols et des volontaires des Brigades Internationales pendant la guerre d’Espagne et la poursuite de ce combat pour un grand nombre d’entre eux dans la Résistance, était pour lui au cœur de sa démarche intellectuelle et citoyenne.

Il était de ceux sur qui nous pouvions compter à la Fête de l’humanité pour faciliter, le cas échéant, l’installation et l’équipement de notre stand.

Nous garderons de Christian le souvenir très chaleureux d’un ami et d’un camarade fidèle à ses convictions, très attaché aux activités mémorielles de l’ACER et qui aimait aussi partager avec ses amis les plaisirs de la vie.

Le Bureau de l’ACER présente à son épouse, à ses enfants et à toute sa famille ses très sincères condoléances en les assurant de son amitié et de toute sa sympathie.

Paris, le 26 août 2020

Je viens de fermer l’immense et volumineux ouvrage de Paul Preston. Rarement, lecture n’aura été si difficile.

Le sujet ; la logique de guerre décidé par les putschistes de l’armée espagnole pour vaincre la République et annihiler toute forme d’opposition à la future Espagne, nationaliste et catholique voulue par eux.

Paul Preston, le grand historien anglais de la guerre d’Espagne, démontre à quel point, pour Franco et les siens, il s’agissait avant tout d’une guerre idéologique, prioritaire même à la guerre « militaire » qu’il menait pour vaincre la République.

On a beau être informé du sujet de la guerre d’Espagne, on a beau connaitre quelques exemples, tel le bombardement de Guernica, des horreurs perpétrées par les franquistes contre le peuple espagnol, le livre de Preston nous rend cette réalité, page après page, palpable et d’autant plus horrible.

C’est un ouvrage fondamental, essentiel, pour qui s’intéresse à la façon dont le camp nationaliste s’y est pris pour vaincre la République.

Preston démontre que la stratégie de l’horreur a été décidé très tôt par les futurs putschistes, en fait dès l’après victoire des Républicains aux élections de 1931. Il nous rappelle, comment Franco et les félons, « les africanistas » se sont « entrainés » à cette stratégie de l’horreur durant la guerre du Rif, au Maroc, contre les Maures et une nouvelle fois, en 1934, lors de la révolte des Asturies.

En 1931, la droite politique et sociale, menée par les grands propriétaires terriens, refuse la victoire de la République et plus encore ses réformes, mêmes modestes, en faveur d’une plus grande justice sociale.

Par un récit humanisé, à l’appui d’exemples nombreux, concrets et personnalisés, l’auteur nous décrit cette haine sociale des potentats locaux qui les portent à traiter les paysans et les ouvriers comme des sous-hommes, haine sociale, alimentée par des théoriciens nationalistes, réactionnaires et catholiques.

C’est cette même haine, au nom de la défense de leurs intérêts de propriétaires, intérêts qui leur feront commettre les crimes les plus abjects durant la guerre d’Espagne, puisqu’ils soutiennent évidemment l’armée putschiste qui protègent leurs intérêts. Ils le feront avec d’autant moins de remords, qu’ils ont l’absolution de la hiérarchie catholique espagnole. L’Eglise qui voit en la République et dans les revendications du peuple une remise en cause de « l’état naturel des choses », un danger pour l’équilibre social de l’Espagne.

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Nous sommes très attristés par la disparition d’Hortensia VIDAL, dont la jeunesse fut marquée par la guerre d’Espagne et la tragédie de l’exode républicain, et dont nous saluons la permanence de l’engagement républicain tout au long de sa vie.

Nous avions eu plaisir à la rencontrer et l’écouter parler notamment de son voyage jusqu’au Chili sur le Winnipeg.

Nous te présentons ainsi qu’à toute sa famille nos plus sincères condoléances de la part de l’ACER.

L’hommage d’Onzain

Anciens combattants, syndicalistes, adhérents du Parti communiste et élus du canton s’étaient donné rendez-vous mardi après-midi au rond-point du belvédère à Onzain (commune déléguée de Veuzain-sur-Loire) pour rendre un dernier hommage à Cécile Rol-Tanguy. Le convoi funéraire, parti de Blois, devait rallier le cimetière de Monteaux, lieu de l’inhumation de cette grande dame de la Résistance. Les maires, les porte-drapeaux et les habitants ont vivement applaudi au passage du cortège précédé par les motards. L’émotion était palpable quand Le Chant des partisans a retenti sur les bords de Loire.


A Blois, élus locaux, communistes et cégétistes rendent hommage à la résistante Cécile Rol-Tanguy

Sur le pont Jacques-Gabriel, à Blois, les drapeaux rouges de la CGT et du Parti communiste français (PCF) flottent au vent. Il est 13 h 45 et les représentants du premier parti de France au sortir de la Deuxième Guerre mondiale et ceux du syndicat attendent le convoi funéraire transportant Cécile Rol-Tanguy, figure de la Résistance, morte à 101 ans. C’est notamment elle qui avait tapé l’ordre de l’insurrection parisienne dicté par son mari devenu le chef militaire des Forces françaises de l’intérieur (FFI) d’Ile-de-France, qui aboutira ensuite à la libération de Paris.

Décédée le 8 mai à son domicile de Monteaux, celle qui avait épousé Henri Tanguy – rencontré au syndicat des Métaux CGT de Paris où elle était employée – a été « agent de liaison » en transportant des armes, des messages et des tracts, et a aussi « défendu la cause des femmes », rappelle Christine Bariaud, co-secrétaire générale de l’union départementale CGT 41. Souhaitant « rendre hommage de manière militante » à Cécile Rol-Tanguy, les communistes et les cégétistes lui ont fait une haie d’honneur avant d’entonner Le Chant des partisans en traversant le pont, pour certains le poing levé.

De l’autre côté, place de la Résistance, c’est la Marseillaise qui a été chantée par le maire de Blois Marc Gricourt, accompagné de quelques élus locaux, des associations patriotiques et des porte-drapeaux. Le premier édile « proposera, fin juin, de donner le nom de “ la grande dame ” à un lieu public de la ville ».


Une cérémonie simple et digne pour l’adieu à Cécile Rol-Tanguy

De Blois à Monteaux en passant par Onzain, le Loir-et-Cher a salué hier le convoi funèbre d’une grande figure de la Résistance, décédée le 8 mai. Les honneurs militaires lui ont été rendus.

Recouvert du drapeau tricolore le cercueil semble petit, finalement, pour une si grande dame. Ce mardi 12 mai, après avoir cheminé le long de la Loire depuis Blois, escorté par deux motards de la gendarmerie, le cortège funéraire de Cécile Rol-Tanguy est arrivé à sa dernière étape au cimetière de Monteaux. C’est dans ce petit village, entre la Cisse et le coteau, qu’elle a vécu une retraite discrète et paisible, au côté de son époux, le colonel Henri Rol-Tanguy, disparu en 2002.

Les roses rouges Dans le bourg, les habitants se sont réunis pour saluer la défunte au passage du convoi, tandis qu’une jeune violoniste accompagnée d’un tambour jouait Le Chant des partisans.
À l’écart du village, devant la grille du minuscule cimetière, l’hommage est silencieux, simple et digne à l’image de la défunte. C’est le moment de saluer la mémoire de celle qui fut une combattante de l’ombre, celle dont le père est mort en déportation à Auschwitz et qui était entrée dès juillet 1940 dans la clandestinité, une date qui n’est pas anodine au regard de l’Histoire.
Médaillée de la Résistance, grand-croix de l’ordre national du Mérite, grand officier de la Légion d’honneur, elle portait ses décorations en souvenir de ses camarades morts dans la lutte contre l’occupant nazi et ses affidés. C’est aussi devant ce souvenir que se figent Yves Rousset, le préfet de Loir-et-Cher, la colonelle Isabelle Poirot et les vingt-deux militaires de la section d’honneur venus du Détachement air de Romorantin, au garde-à-vous baïonnette au canon. Chacun s’efforçant de respecter la distanciation physique même si ce n’est décidément guère facile en pareille circonstance.
La présidence de la République a envoyé une lettre à la famille et fait porter des fleurs, tout comme plusieurs ministres (Jacqueline Gourault, Élisabeth Borne) ainsi que le président du conseil départemental, Nicolas Perruchot, représenté par Catherine Lhéritier, élue du canton.
Des gerbes et des couronnes, il y en a d’ailleurs un plein fourgon. Beaucoup de roses rouges, la couleur fétiche de la disparue, restée toute sa vie fidèle à l’idéal communiste. « En 2019, nous lui en avions offert une centaine pour son anniversaire », raconte Yves Lehouelleur, le maire de Monteaux. Il garde le souvenir d’une personne « stricte et élégante », qui ne manquait jamais de remplir son devoir électoral. Et pour cause ! « On ne nous a pas donné le droit de vote, nous l’avons conquis en nous battant dans la Résistance », ne manquait jamais de rappeler Cécile Rol-Tanguy.
Seule la famille franchit la grille du cimetière : les quatre enfants de Cécile et Henri, leurs petits-enfants, quelques proches, munis de masques pour plusieurs d’entre eux. En raison de la crise sanitaire, les obsèques ne peuvent actuellement réunir plus de 20 personnes. Quelques mots émus s’envolent dans le vent frisquet, puis une voix s’élève. Celle d’Yves Montand qui chante A Paris.