La Municipalité actuelle de Madrid a décidé de porter des coups inadmissibles à la mémoire démocratique de l’Espagne.
Depuis 2019, elle s’acharne sur les symboles funéraires de la répression franquiste au cimetière de l’Est de Madrid.
Elle a enlevé les plaques sur lesquelles figuraient les noms des 2 936 personnes fusillées les premières années de la Dictature et de la Post-guerre 1936-1944, pour l’unique raison d’avoir défendu la Liberté, la Démocratie et la Justice sociale. Le 16 février 2020, le poème de Miguel Hernandez gravé sur le Mémorial a également été effacé.
Elle a approuvé récemment le retrait des noms des rues d’Indalecio Prieto y Francisco Largo Caballero, ministre des gouvernements de la Seconde République et Président du Conseil de Ministres.
Nous publions ci-dessous le texte de dénonciation de la Plateforme en Défense du Mémorial du Cimetière de l’Est de Madrid.
Avec les associations signataires de cette Plateforme, nous dénonçons avec vigueur l’attitude autoritaire, revancharde et sectaire de la Municipalité de Madrid qui provoque la discorde et l’affrontement dans une société étrangère à leur discours de haine.
Nous demandons le rétablissement de toutes les plaques rappelant la période historique de la République espagnole et de ses élus démocratiquement élus, et de tous ceux témoignant de la répression de la dictature franquiste qui ont été profanés par la Municipalité de Madrid.

MEMOIRE DEMOCRATIQUE POUR LA MAIRIE DE MADRID

VERSION ESPAGNOLE

Les organisations mémorielles et des victimes du franquisme, les partis politiques, les organisations syndicales, sociales, les personnalités et les entités culturelles membres de la Plateforme de défense du Mémorial du Cimetière de l’EST de Madrid, font savoir que :

Le 25 novembre 2019, l’équipe actuelle de la Mairie de Madrid, formée par le Partido Popular et Ciudadanos, a enlevé les plaques sur lesquelles figuraient les noms des 2936 personnes fusillées les premières années de la Dictature et de la Post-guerre 1936-1944 dans le Cimetière de l’Est de Madrid, pour l’unique raison d’avoir défendu la Liberté, la Démocratie et la Justice sociale. Le 16 février 2020, le poème de Miguel Hernandez gravé sur le Mémorial a également été effacé.

La municipalité de Madrid fait preuve d’une attitude autoritaire, revancharde et sectaire qui provoque la discorde et l’affrontement dans une société étrangère à leur discours de haine.

Il y a en Espagne des dizaines de monuments dédiés aux victimes du franquisme semblables à celui qui vient d’être détruit par la Mairie de Madrid ; plusieurs d’entre eux érigés par des municipalités du parti de Monsieur Martinez Almeida.

Tout récemment, la municipalité de Madrid et les forces politiques qui la composent et la soutiennent ont perpétré une nouvelle agression à la Mémoire Démocratique en approuvant le retrait des noms des rues d’ Indalecio Prieto y Francisco Largo Caballero, ministre des gouvernements de la Seconde République et Président du Conseil de Ministres, en se référant de façon revancharde à la Loi de la Mémoire Historique de 2007  mais avec une interprétation révisionniste et négationniste de l’histoire malgré les évidences et la documentation historique. De surcroit, l’infâme agression s’est poursuivie par un autre attentat de la municipalité contre une plaque en souvenir de Largo Caballero. La ville qui a dédié l’une de ses rues à la 250ème Division de la Wehrmacht ayant combattu les alliés sous les ordres d’Adolf Hitler, a, aujourd’hui, détruit une plaque commémorative rendant hommage au déporté 69.040 du camp d’extermination nazi de Sachsenhausen.

C’est pourquoi, les organisations de la Plateforme pour la Défense du Mémorial du cimetière de l’EST, exigent à nouveau (comme elles l’ont déjà fait le 30 janvier 2020) la démission du Maire de Madrid, Monsieur Martinez Almeida et de son premier Adjoint Mme Villacis pour les raisons suivantes :

1)    La destruction du Mémorial du Cimetière de l’Est constitue une humiliation supplémentaire faite aux victimes du franquisme à Madrid et apporte la preuve de l’absence de la plus élémentaire Culture Démocratique et des Droits Humains.

2)    La réinterprétation du Mémorial, une fois supprimés les noms des antifascistes, est une tentative inacceptable de confondre les victimes de guerre avec les victimes de la revanche fasciste en temps de paix ainsi que les membres de la cinquième colonne, complices des putschistes et de leurs bombardements de Madrid, avec ceux qui ont défendu la Légalité Républicaine.

3)    Avec cette décision on cherche à mettre sur le même plan les victimes franquistes, reconnues et les républicains, ignorés et méprisés pendant plus de 80 ans.

4)    Les collectifs mémoriels et des Droits Humains dénoncent l’agression contre la Mémoire des deux dirigeants démocratiques élus, Indalecio Prieto et Largo Caballero. Ces comportements ont pour conséquence que des forces politiques qui se disent démocratiques se confondent avec leurs alliés fascistes. Les excès négationnistes qui caractérisent la politique mémorielle de l’actuelle municipalité de Madrid seraient impensables dans n’importe quelle ville d’un pays démocratique.

5)    Cette municipalité refuse le droit à la Mémoire Démocratique caractéristique de toute société civilisée et gaspille les fonds publics en finançant leurs actes de vandalisme perpétrés dans le Cimetière de l’Est et contre le monument en hommage à Largo Caballero.

6)    Les organisations de la Plateforme pour la défense du Mémorial du Cimetière de l’Est, exigent la démission irrévocable de José Luis Martinez Almeida, Maire de Madrid, et de Begoña Villacis, sa première Adjointe pour avoir fait preuve d’un mépris total pour les victimes du génocide de la dictature franquiste et pour leur ignorance des lois et principes universels du droit à la vérité, à la justice et à la réparation.

Elles exigent la reconstruction du Mémorial du Cimetière de l’Est à l’identique, le retrait de l’accord du 29 septembre dernier, la remise en place de la plaque en hommage à Largo Caballero et que les responsables de ces actes présentent des excuses publiques aux familles et à tous les citoyens.

Ces organisations demandent également au Gouvernement espagnol la construction d’un Mémorial sur des terrains appartenant à l’Administration Générale de l’Etat à Madrid, en hommage à toutes les victimes du franquisme dans la communauté de Madrid qui ont été assassinées pour avoir défendu la démocratie et la liberté.

Nous appelons la société civile à se mobiliser contre l’agression perpétrée contre le Mémorial du cimetière de l’Est en premier lieu, contre les familles de ceux qui ont payé de leur vie leur engagement pour la défense de la légalité démocratique, mais également, contre les droits humains, la Démocratie et la Mémoire Démocratique collective.

Nous demandons le soutien de tous les démocrates et de toute la société pour condamner l’outrage fait à la Mémoire de tous ceux qui ont lutté contre la dictature.

                                                                                    Madrid, le 30 octobre 2020

Plataforma en Defensa del Memorial del cementerio del Este de Madrid

plataformadefensamemorial@gmail.com

Calle Carretas nº 14, 2º H.– 28012 MADRID

COLECTIVOS Y ORGANIZACIONES QUE APOYAN EL MANIFIESTO

COLLECTIFS ET ORGANISATIONS QUI SOUTIENNENT LE MANIFESTE

1 PLATAFORMA CONTRA LA IMPUNIDAD DEL FRANQUISMO

2 AMICAL DE MAUTHAUSEN Y OTROS CAMPOS Y DE TODAS LAS

VÍCTIMAS DEL NAZISMO DE ESPAÑA

3 TODOS LOS NIÑOS ROBADOS SON TAMBIÉN MIS NIÑOS

4 FORO POR LA MEMORIA DE LA COMUNIDAD DE MADRID

5 FEDERACIÓN ESTATAL DE FOROS POR LA MEMORIA

6 MUJERES SUPERVIVIENTES DE VIOLENCIAS DE GÉNERO.

7 RED ROJA

8 FORO PACIFISTA DE CIUDAD REAL

9 ASOCIACIÓN AMISTAD 1 DE MAYO FUENCARRAL EL PARDO

10 CASA VECINAL DE TETUÁN

11 PARTIDO COMUNISTA DE ESPAÑA

12 PSOE-M

13 MUNIMADRID DF.

14 PLATAFORMA VALLECANA X LA DIGNIDAD SOCIAL

15 ASOCIACIÓN DE FAMILIARES DE FUSILADOS DE NAVARRA EN 1936 –  AFFNA36

16 ASOCIACIÓN FORO POR LA MEMORIA DE ARAGÓN

17 ASOCIACIÓN VECINAL ALTO DEL ARENAL

18 PLATAFORMA DE AFECTADOS POR LA HIPOTECA-STOP   DESAHUCIOS MADRID (PAH MADRID)

19 PIRENAICA DIGITAL

20 COLICHE (COLECTIVO POR LA PAZ LA SOLIDARIDAD Y LA JUSTICIA DE LOS PUEBLOS)

21 FORO SOCIAL DE LA RIOJA

22 MADRES CONTRA LA REPRESIÓN

23 ASOCIACIÓN DE EXPRESOS Y REPRESALIADOS POLÍTICOS ANTIFRANQUISTAS

24 ATENEO REPUBLICANO DE CARABANCHEL

25 CENTRO DE ESTUDIOS HISTÓRICOS FERNANDO MORA DE VALLECAS

26 ADARSO – ASOCIACIÓN PARA O DESENVOLVEMENTO E ANÁLISE DA RIBEIRA SACRA OURENSÁ

27ASOCIACIÓN ANDALUZA DE VÍCTIMAS DE LA TRANSICIÓN

28 ASOCIACIÓN MESA DE MEMORIA HISTÓRICA DEL DISTRITO DELATINA

29 ORGANIZACIÓN SOCIAL DE MAYORES DE IZQUIERDAS

30 AMAL. ASOCIACIÓN MADRILEÑA DE ATEOS Y LIBREPENSADORES.

31 ALTERNATIVA REPUBLICANA

32 AFAMEVVA- ASOCIACIÓN DE FAMILIARES DEL MEMORIAL DE VILLANUEVA DE LA SERENA.(BADAJOZ)

33 UGT-MADRID

34 FORO POR LA MEMORIA DE TOLEDO

35 ASOCIACION AY CARMELA DE PESSAC (FRANCIA)

36 ASOCIACIÓN PRO DERECHOS HUMANOS DE ESPAÑA

37 ASSOCIATION POUR LE SOUVENIR DE L’EXIL RÉPUBLICAIN ESPAGNOL EN FRANCE (ASEREF)

38 COLECTIVO REPUBLICANO ANTONIO MACHADO DE SEGOVIA

39 IZQUIERDA UNIDA MADRID

40 MÁS MADRID

41 LA COMUNA, ASOCIACIÓN DE PRESXS Y REPRESALIADXS DEL FRANQUISMO

42 ASOCIACIÓN MEMORIA HISTÓRICA DE CARTAGENA

43 AREKA ELKARTEA

44 ASOCIACIÓN TERRES DE MÉMOIRES ET DE LUTTES DE OLORON-SAINTE-MARIE (FRANCIA)

45 CAUM (CLUB DE AMIGOS DE LA UNESCO DE MADRID)

46 AFETÍ -ASSOCIACIÓ FEMINISTA DE TÍRIG-

47 PARTIDO COMUNISTA DE ESPAÑA (MARXISTA-LENINISTA)

48 JUVENTUD COMUNISTA DE ESPAÑA (MARXISTA-LENINISTA)

49 ORREAGA FUNDAZIOA

50 FEDERACIÓN DE PENSIONISTAS Y JUBILADOS DE CCOO DE MADRID

51 MESA DE DEMOCRACIA PARTICIPATIVA, LAICISMO, TRANSPARENCIA Y MEMORIA HISTÓRICA DEL FORO LOCAL DE CARABANCHEL

52 COMITÉ DE EMPRESA DE LA USMR CCOO MADRID

53 COLECTIVO DE VÍCTIMAS DEL FASCISMO DE LA TORRE DE ESTEBAN HAMBRÁN, TOLEDO (VFTEH)

54 FORO POR LA RECUPERACIÓN DE LA MEMORIA DEMOCRÁTICA DE LAS VEGAS

55 ASOCIACIÓN DE VECINOS LA UNIÓN DE VALLECAS

56 ASOCIACIÓN 24 AOÛT 1944, LA NUEVE (DE PARIS)

57 MUJERES X LA REPÚBLICA

58 MADRES UNIDAS CONTRA LA DROGA

59 PLATAFORMA DE ASOCIACIONES MEMORIALISTAS DE ARAGÓN-PAMA-

60 COORDINADORA NAVARRA DE PUEBLOS POR LA MEMORIA:AMAPOLA DEL CAMINO / BIDEKO MITXINGORRIA

61 ASOCIACIÓN PARA LA RECUPERACIÓN DE LA MEMORIA HISTÓRICA DE ALCALÁ DE HENARES (ARMHADH)

62 CENTRO PASTORAL SAN CARLOS BORROMEO

63 ASOCIACIÓN POR LA RECUPERACIÓN DE LA MEMORIA HISTÓRICA DE ARAGÓN (ARMHA)

64 MESDE (ASOCIACIÓN DE LA MEMORIA SOCIAL Y DEMOCRÁTICA)

65 KOSLADA ANTIFASCISTA

66 ASOCIACIÓN DE AMIGOS DE LAS BRIGADAS INTERNACIONALES

67 CCOO DE MADRID

68 BLOQUE ANTIFASCISTA DE LOGROÑO

69 FUNDACIÓN FRANCISCO LARGO CABALLERO

70 FEDERACIÓN REPUBLICANOS

71 CONFEDERACIÓN TERRITORIAL DE MADRID, CASTILLA LA MANCHA Y EXTREMADURA DE CGT

72 COMISIÓN DE MEMORIA LIBERTARIA DE CGT

73 ASOCIACIÓN TXINPARTA-FUERTE SAN CRISTÓBAL RED DE MEMORIA COLECTIVA

74 ASOCIACIÓN CULTURAL BATUSEIRA

75 ASOCIACIÓN MARCOS ANA

76 ASOCIACIÓN DE MEMORIA HISTÓRICA DEL BAIX LLOBREGAT

77 PODEMOS COMUNIDAD DE MADRID

78 JUVENTUDES DEL PARTIDO EQUO

79 ASOCIACIÓN GRANADINA VERDAD JUSTICIA Y REPARACIÓN

La fête de l’Humanité… autrement, les 11 et 12 septembre à la Bellevilloise.

La pandémie n’aura pas raison de la Fête. L’événement se réinvente dans un acte de résistance, pour demeurer un véritable espace de débat, de partage et de solidarité.

Dans le cadre du nouveau format de la fête de l’Humanité (conjoncture sanitaire oblige) l’ACER a réservé une table à la Bellevilloise, 19, 21, Rue Boyer à Paris 20ème, pour participer à cet événement et proposer au public des ouvrages sur la guerre d’Espagne, les Brigades internationales, la Résistance ainsi que les Tee-shirts de notre association.

Prix du Bon de soutien à la fête de l’Humanité : 25 € (dont 5 € seront reversés au Secours Populaire Français)

Qu’on se le dise.

Le Bureau de l’ACER

Christian JOINEAU nous a quittés. C’est avec une très grande émotion que nous apprenons sa disparition. Il se battait contre la maladie depuis plusieurs années avec courage et beaucoup d’énergie.

Le parcours de Christian est celui d‘un militant du PCF et d’un responsable de ce parti à Bagnolet qui sera appelé à y exercer d’importantes responsabilités dont celle d’adjoint au Maire chargé de l’urbanisme, puis, de la jeunesse et des sports.

Comme l’a rappelé José Fort, Christian a été un élément moteur dans la création de l’ACER. Son action militante pour entretenir et préserver la mémoire antifasciste des Républicains espagnols et des volontaires des Brigades Internationales pendant la guerre d’Espagne et la poursuite de ce combat pour un grand nombre d’entre eux dans la Résistance, était pour lui au cœur de sa démarche intellectuelle et citoyenne.

Il était de ceux sur qui nous pouvions compter à la Fête de l’humanité pour faciliter, le cas échéant, l’installation et l’équipement de notre stand.

Nous garderons de Christian le souvenir très chaleureux d’un ami et d’un camarade fidèle à ses convictions, très attaché aux activités mémorielles de l’ACER et qui aimait aussi partager avec ses amis les plaisirs de la vie.

Le Bureau de l’ACER présente à son épouse, à ses enfants et à toute sa famille ses très sincères condoléances en les assurant de son amitié et de toute sa sympathie.

Paris, le 26 août 2020

Je viens de fermer l’immense et volumineux ouvrage de Paul Preston. Rarement, lecture n’aura été si difficile.

Le sujet ; la logique de guerre décidé par les putschistes de l’armée espagnole pour vaincre la République et annihiler toute forme d’opposition à la future Espagne, nationaliste et catholique voulue par eux.

Paul Preston, le grand historien anglais de la guerre d’Espagne, démontre à quel point, pour Franco et les siens, il s’agissait avant tout d’une guerre idéologique, prioritaire même à la guerre « militaire » qu’il menait pour vaincre la République.

On a beau être informé du sujet de la guerre d’Espagne, on a beau connaitre quelques exemples, tel le bombardement de Guernica, des horreurs perpétrées par les franquistes contre le peuple espagnol, le livre de Preston nous rend cette réalité, page après page, palpable et d’autant plus horrible.

C’est un ouvrage fondamental, essentiel, pour qui s’intéresse à la façon dont le camp nationaliste s’y est pris pour vaincre la République.

Preston démontre que la stratégie de l’horreur a été décidé très tôt par les futurs putschistes, en fait dès l’après victoire des Républicains aux élections de 1931. Il nous rappelle, comment Franco et les félons, « les africanistas » se sont « entrainés » à cette stratégie de l’horreur durant la guerre du Rif, au Maroc, contre les Maures et une nouvelle fois, en 1934, lors de la révolte des Asturies.

En 1931, la droite politique et sociale, menée par les grands propriétaires terriens, refuse la victoire de la République et plus encore ses réformes, mêmes modestes, en faveur d’une plus grande justice sociale.

Par un récit humanisé, à l’appui d’exemples nombreux, concrets et personnalisés, l’auteur nous décrit cette haine sociale des potentats locaux qui les portent à traiter les paysans et les ouvriers comme des sous-hommes, haine sociale, alimentée par des théoriciens nationalistes, réactionnaires et catholiques.

C’est cette même haine, au nom de la défense de leurs intérêts de propriétaires, intérêts qui leur feront commettre les crimes les plus abjects durant la guerre d’Espagne, puisqu’ils soutiennent évidemment l’armée putschiste qui protègent leurs intérêts. Ils le feront avec d’autant moins de remords, qu’ils ont l’absolution de la hiérarchie catholique espagnole. L’Eglise qui voit en la République et dans les revendications du peuple une remise en cause de « l’état naturel des choses », un danger pour l’équilibre social de l’Espagne.

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Nous sommes très attristés par la disparition d’Hortensia VIDAL, dont la jeunesse fut marquée par la guerre d’Espagne et la tragédie de l’exode républicain, et dont nous saluons la permanence de l’engagement républicain tout au long de sa vie.

Nous avions eu plaisir à la rencontrer et l’écouter parler notamment de son voyage jusqu’au Chili sur le Winnipeg.

Nous te présentons ainsi qu’à toute sa famille nos plus sincères condoléances de la part de l’ACER.

L’hommage d’Onzain

Anciens combattants, syndicalistes, adhérents du Parti communiste et élus du canton s’étaient donné rendez-vous mardi après-midi au rond-point du belvédère à Onzain (commune déléguée de Veuzain-sur-Loire) pour rendre un dernier hommage à Cécile Rol-Tanguy. Le convoi funéraire, parti de Blois, devait rallier le cimetière de Monteaux, lieu de l’inhumation de cette grande dame de la Résistance. Les maires, les porte-drapeaux et les habitants ont vivement applaudi au passage du cortège précédé par les motards. L’émotion était palpable quand Le Chant des partisans a retenti sur les bords de Loire.


A Blois, élus locaux, communistes et cégétistes rendent hommage à la résistante Cécile Rol-Tanguy

Sur le pont Jacques-Gabriel, à Blois, les drapeaux rouges de la CGT et du Parti communiste français (PCF) flottent au vent. Il est 13 h 45 et les représentants du premier parti de France au sortir de la Deuxième Guerre mondiale et ceux du syndicat attendent le convoi funéraire transportant Cécile Rol-Tanguy, figure de la Résistance, morte à 101 ans. C’est notamment elle qui avait tapé l’ordre de l’insurrection parisienne dicté par son mari devenu le chef militaire des Forces françaises de l’intérieur (FFI) d’Ile-de-France, qui aboutira ensuite à la libération de Paris.

Décédée le 8 mai à son domicile de Monteaux, celle qui avait épousé Henri Tanguy – rencontré au syndicat des Métaux CGT de Paris où elle était employée – a été « agent de liaison » en transportant des armes, des messages et des tracts, et a aussi « défendu la cause des femmes », rappelle Christine Bariaud, co-secrétaire générale de l’union départementale CGT 41. Souhaitant « rendre hommage de manière militante » à Cécile Rol-Tanguy, les communistes et les cégétistes lui ont fait une haie d’honneur avant d’entonner Le Chant des partisans en traversant le pont, pour certains le poing levé.

De l’autre côté, place de la Résistance, c’est la Marseillaise qui a été chantée par le maire de Blois Marc Gricourt, accompagné de quelques élus locaux, des associations patriotiques et des porte-drapeaux. Le premier édile « proposera, fin juin, de donner le nom de “ la grande dame ” à un lieu public de la ville ».


Une cérémonie simple et digne pour l’adieu à Cécile Rol-Tanguy

De Blois à Monteaux en passant par Onzain, le Loir-et-Cher a salué hier le convoi funèbre d’une grande figure de la Résistance, décédée le 8 mai. Les honneurs militaires lui ont été rendus.

Recouvert du drapeau tricolore le cercueil semble petit, finalement, pour une si grande dame. Ce mardi 12 mai, après avoir cheminé le long de la Loire depuis Blois, escorté par deux motards de la gendarmerie, le cortège funéraire de Cécile Rol-Tanguy est arrivé à sa dernière étape au cimetière de Monteaux. C’est dans ce petit village, entre la Cisse et le coteau, qu’elle a vécu une retraite discrète et paisible, au côté de son époux, le colonel Henri Rol-Tanguy, disparu en 2002.

Les roses rouges Dans le bourg, les habitants se sont réunis pour saluer la défunte au passage du convoi, tandis qu’une jeune violoniste accompagnée d’un tambour jouait Le Chant des partisans.
À l’écart du village, devant la grille du minuscule cimetière, l’hommage est silencieux, simple et digne à l’image de la défunte. C’est le moment de saluer la mémoire de celle qui fut une combattante de l’ombre, celle dont le père est mort en déportation à Auschwitz et qui était entrée dès juillet 1940 dans la clandestinité, une date qui n’est pas anodine au regard de l’Histoire.
Médaillée de la Résistance, grand-croix de l’ordre national du Mérite, grand officier de la Légion d’honneur, elle portait ses décorations en souvenir de ses camarades morts dans la lutte contre l’occupant nazi et ses affidés. C’est aussi devant ce souvenir que se figent Yves Rousset, le préfet de Loir-et-Cher, la colonelle Isabelle Poirot et les vingt-deux militaires de la section d’honneur venus du Détachement air de Romorantin, au garde-à-vous baïonnette au canon. Chacun s’efforçant de respecter la distanciation physique même si ce n’est décidément guère facile en pareille circonstance.
La présidence de la République a envoyé une lettre à la famille et fait porter des fleurs, tout comme plusieurs ministres (Jacqueline Gourault, Élisabeth Borne) ainsi que le président du conseil départemental, Nicolas Perruchot, représenté par Catherine Lhéritier, élue du canton.
Des gerbes et des couronnes, il y en a d’ailleurs un plein fourgon. Beaucoup de roses rouges, la couleur fétiche de la disparue, restée toute sa vie fidèle à l’idéal communiste. « En 2019, nous lui en avions offert une centaine pour son anniversaire », raconte Yves Lehouelleur, le maire de Monteaux. Il garde le souvenir d’une personne « stricte et élégante », qui ne manquait jamais de remplir son devoir électoral. Et pour cause ! « On ne nous a pas donné le droit de vote, nous l’avons conquis en nous battant dans la Résistance », ne manquait jamais de rappeler Cécile Rol-Tanguy.
Seule la famille franchit la grille du cimetière : les quatre enfants de Cécile et Henri, leurs petits-enfants, quelques proches, munis de masques pour plusieurs d’entre eux. En raison de la crise sanitaire, les obsèques ne peuvent actuellement réunir plus de 20 personnes. Quelques mots émus s’envolent dans le vent frisquet, puis une voix s’élève. Celle d’Yves Montand qui chante A Paris.

Muere a los 101 años Cécile Rol-Tanguy, heroína de la Resistencia francesa

La que fuera esposa del líder de la Liberación de París tuvo un papel clave en la lucha contra el nazismo

Silvia Ayuso El Pais 9/5/2020

A muchas mujeres que tuvieron un papel clave en la historia se las suele relegar al papel de “esposa de”. Así le ocurrió a menudo a Cécile Rol-Tanguy, casada, sí, con Henri Rol-Tanguy, el héroe de la Liberación de París en 1944, pero también heroína por derecho propio de la Resistencia. Fue muestra de que la lucha antifascista se produjo, en buena parte, por las mujeres. Justo en el día en que, este 8 de mayo, se conmemoraba el 75 aniversario del fin de la Segunda Guerra Mundial, se apagaba la vida de Cécile Rol-Tanguy a los 101 años, no sin antes haber conseguido un reconocimiento propio en la historia.

Cécile Rol-Tanguy falleció en su casa en Monteaux, en el centro de Francia, informó su familia. “Con ella desaparece una de las últimas figuras de la resistencia interior francesa y, más precisamente, de la Liberación de París en agosto de 1944”, dijeron sus familiares en un comunicado remitido a la Agencia France Presse. Su avanzada edad ya le impidió, el año pasado, asistir a la inauguración del Museo de la Liberación en conmemoración del 75 aniversario del fin de la ocupación nazi de la capital francesa, en la que los Rol-Tanguy tuvieron un papel fundamental. El museo se erige en la avenida Coronel Rol-Tanguy, en el distrito 14 de París, frente a la entrada a las catacumbas que le sirvieron a Henri Rol-Tanguy como cuartel general desde el que dirigió la insurrección parisina que llevó a la liberación de la capital cuando entraron las tropas del General Leclerc, con los soldados españoles de la brigada La Nueve a la cabeza.

Una tarea en la que Cécile también trabajó activamente, como recordaba el año pasado su hijo Jean Rol-Tanguy en declaraciones a este diario. “Mi madre también estaba allí toda la semana”, subrayó sobre el papel que tuvo Cécile. “Mis padres lucharon por una serie de ideas, la libertad, la democracia. Hoy en día, un poco por todas partes, incluso en Francia, se elevan voces retrógradas, profascistas o pronazis. Es hora de que recordemos estos ideales y esos combates”.

La lucha política siempre formó parte de la vida de esta hija única de un obrero electricista y militante comunista que, tras entrar también en la Resistencia, falleció en Auschwitz en 1942. También su madre fue resistente. Nacida el 10 de abril de 1919 en Royan, en el departamento de Charente-Maritime, Cécile Le Bihan, su nombre de soltera, creció en las afueras de París y en la propia capital, donde en 1936 entró a trabajar como mecanógrafa —oficio que sería clave en su etapa de combatiente clandestina— en las oficinas de la sede metalúrgica de la CGT. Fue allí donde conoció a su marido, Henri Tanguy, poco antes de que este obrero comunista partiera a combatir en las Brigadas Internacionales durante la Guerra Civil española, donde luchó entre 1937 y 1938. De España regresó tras participar en la batalla del Ebro con una herida y con el alias que acabaría formando parte de su apellido, Rol, que Henri adoptó durante su lucha en la clandestinidad en honor a un amigo caído en España.

Ambos contrajeron matrimonio en 1939, poco antes del comienzo de la Segunda Guerra Mundial. Mientras Henri era llamado a filas y se le perdía la pista, Cécile entraba en la Resistencia, mecanografiando octavillas y artículos insurgentes. Cuando su marido regresó a París y se unió a la lucha clandestina, en octubre de ese año, se convirtió también en su oficial de enlace. La familia creció —sus hijos Hélène y Jean nacieron en 1941 y 1943— mientras continuó el trabajo clandestino de la pareja. Cécile usaba el carrito de bebé de sus hijos para esconder documentos secretos para la red comunista de los Francs-tireurs et partisans (FTP), de la que su marido era uno de los líderes parisinos. Henri, ya bajo el nom de guerre de Coronel Rol, escaló puestos hasta acabar siendo nombrado, en junio de 1944, jefe regional de la región parisina de las FFI, las Fuerzas Francesas del Interior. Todo ese tiempo de lucha clandestina, Cécile siguió combatiendo a su lado. También en ese verano de 1944, en el que se jugó el fin de la ocupación de París y el principio del fin de todo el conflicto bélico.

Muestra de su papel fundamental es el hecho de que Cécile Rol-Tanguy formó parte de la delegación recibida por el general Charles de Gaulle en el Ministerio de la Guerra el 27 de agosto de 1944, junto con otra veintena de jefes de la resistencia parisina.

“Portadora de las más altas distinciones de la República (gran oficial de la Legión de Honor, Gran Cruz de la Orden Nacional del Mérito, Medalla de la Resistencia, Cruz del Combatiente Voluntario de la Resistencia) ella fue emblemática del lugar de las mujeres en el combate contra (el régimen de) Vichy y el ocupante nazi”, recordó su familia. A la muerte de su marido, en 2002, continuó participando en las conmemoraciones de la derrota nazi. Como subrayaron este viernes sus hijos, “hasta su último aliento, Cécile Rol-Tanguy dio testimonio de su fidelidad a la utopía generosa del comunismo, a sus compromisos de juventud por la justicia social y por la emancipación de la mujer”.

Jusqu’à sa mort, le 8 mai à l’âge de 101 ans, elle défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.

Par

L’engagement des femmes dans la Résistance française fut longtemps occulté. Souvent, l’importance de leur rôle fut découverte après la mort de leur mari. Ce fut le cas de l’épouse du colonel Rol-Tanguy (1908-2002), chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la région parisienne, connu pour avoir mené la libération de Paris avant l’entrée des blindés du général Leclerc, le 24 août 1944. Jusqu’à sa mort, le 8 mai, à l’âge de 101 ans, Cécile Rol-Tanguy défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.

Née le 10 avril 1919 à Royan (Charente-Maritime), elle grandit au Vésinet (Yvelines), puis à Paris dans le 19e arrondissement, dans une famille d’ouvriers communistes. Son père, François Le Bihan, électricien, militant CGT au Secours rouge international, héberge avec son épouse de nombreux responsables communistes tchèques, hongrois, yougoslaves, italiens et allemands, exilés politiques en France.

La rencontre avec Henri Tanguy

Après avoir obtenu son brevet, Cécile Le Bihan est embauchée en 1936 comme dactylographe à la fédération CGT de la métallurgie, où elle fait la connaissance d’Henri Tanguy, un Parisien d’origine bretonne qui a quitté l’école à 13 ans et a été renvoyé de plusieurs usines d’automobiles pour y avoir organisé des grèves. Elle devient sa marraine de guerre, après qu’il obtient l’autorisation du Parti communiste français (PCF) pour rejoindre les Brigades internationales pendant la guerre civile en Espagne, en 1937 et 1938. Il en reviendra avec une blessure à la poitrine et un surnom de guerre – Rol, le nom de son ami Théo, tué par les Franquistes.

Après leur mariage, en 1939, vient le temps des drames. Son père, François Le Bihan, est arrêté en avril 1940. Accusé d’avoir tenté de reconstituer le PCF alors dissous, il est écroué à la prison de la Santé, à Paris. Il sera déporté à Auschwitz où il mourra en 1942. Elle n’a aucune nouvelle de son mari, Henri Tanguy, mobilisé en 1939, affecté dans une usine d’armement près de la frontière pyrénéenne. Bientôt, leur petite fille de 7 mois, Françoise, tombe malade. Le bébé meurt le 12 juin, alors que les troupes allemandes entrent dans la capitale.

« Je n’avais plus rien, racontait-elle. Mon père avait été arrêté, mon mari, je ne savais pas où il était, et j’avais perdu ma petite fille. Qu’est-ce qui me retenait ? Je rentrai dans la Résistance. Ça m’a aidée. Ça m’a apporté quelque chose. » Contactée par la CGT, devenue clandestine, elle accepte de dactylographier des tracts et des articles pour des journaux de la Résistance. Lorsque son mari rentre à Paris, en octobre, elle devient son agente de liaison.

La Résistance et la Libération

Deux autres enfants, Hélène et Jean, naissent en 1941 et en 1943. Elle se sert de la poussette qui les transporte pour y cacher des documents secrets pour le réseau communiste des Francs-tireurs et partisans (FTP). Sous les rutabagas et les poireaux de son cabas, elle dissimule pistolets, grenades et détonateurs. Alors que son mari passe de planque en planque, elle vit avec sa mère et utilise des prénoms d’emprunt : Yvette ou Lucie.

Dans la nuit du 18 au 19 août 1944, c’est elle qui tape à la machine le tract appelant les Parisiens à s’insurger : « Aux patriotes aptes à porter des armes. (…) La France vous appelle ! Aux armes, citoyens ! ». Le 20, elle est de nouveau aux côtés du colonel Rol lorsque celui-ci installe son PC dans les catacombes, à vingt-six mètres sous le lion de la place Denfert-Rochereau. C’est là que le chef régional des FFI organise le soulèvement parisien. Cinq jours plus tard, après de rudes combats, les Parisiens fêtent la Libération, alors que les chars alliés entrent dans la capitale. Cécile Rol-Tanguy sort de l’ombre. Elle est reçue au ministère de la guerre, le 27, avec son mari ainsi qu’une vingtaine de chefs de la Résistance parisienne, par le général de Gaulle.

Après le décès de son mari, en 2002, elle continuera à témoigner. « J’ai longtemps accompagné mon mari pour évoquer la Résistance, disait-elle. Quand il est parti, l’idée qu’on allait oublier son combat et celui de tant d’autres ne me plaisait pas. Alors je me suis lancée, sans jamais penser à ce qui me tomberait dessus… »

Cécile Rol-Tanguy, en quelques dates

10 avril 1919 : naissance à Royan (Charente-Maritime)

1936 : sténodactylo à la Confédération générale du travail (CGT)

1939 : épouse Henri Rol-Tanguy

1940-1944 : agente de liaison dans la Résistance

8 mai 2020 : mort à Monteaux (Loir-et-Cher)