Dès les premiers jours du soulèvement militaire, des volontaires français et émigrés partirent spontanément, sans qu’il y eût de consignes politiques. Ils s’engagèrent dans les colonnes espagnoles de miliciens. Après avoir combattu sur le front d’Aragon ou participé au débarquement de Majorque, une centaine de volontaires se retrouvèrent à Barcelone. C’est dans cette ville que va se constituer la Centurie Commune de Paris qui sera intégrée dans la Colonne Libertad du PSUC. Celle-ci part le 5 septembre 1936 combattre sur le front du Centre (Pelahustan, Cenicientos,…) menacé par les troupes rebelles.
Lors de la création des Brigades Internationales (BI) (officiellement le 22 octobre, mais les premiers brigadistes arrivèrent à Albacete, future base des brigades Internationales, le 13 octobre), les volontaires de la Centurie les rejoignirent pour former le deuxième Bataillon de la XIe BI en formation. C’est ainsi que se créa le Bataillon Commune de Paris. Le troisième bataillon de la XIe portera le nom de Dombrowski, ce général tué sur les barricades.

Plus tard, fin novembre 1936, fut créé le bataillon Louise-Michel. Malheureusement, il eut une existence bien éphémère car il fut pratiquement décimé lors de son premier combat à Teruel en décembre1936-janvier 1937. L’histoire de la relation entre la Commune de Paris et les Brigades Internationales ne se limite pas uniquement à un rappel historique de celle-ci a à travers des figures prestigieuses. Ce ne sont pas que des noms de héros, elle imprègne le vécu des volontaires.
Ainsi des fêtes sont organisées pour la célébrer :
« Dans la nuit du 21 au 22, nous avons fêté l’anniversaire de la Commune de Paris. Deux jours avant, on savait que, cette nuit-là, on effraierait les fascistes. Le 21, dans l’après-midi, nous avons tenu un meeting. Les dirigeants politiques et militaires ont prononcé un discours. Ils ont comparé la révolution à la nôtre. A cette époque aussi, des ouvriers sont venus du monde entier pour combattre, la main dans la main, avec les ouvriers français. […]Le meeting s’est terminé par le chant de L’Internationale et d’autres chansons ouvrières.
L’après-midi, nous nous sommes amusés. Notre orchestre s’est produit et nous avons dansé. Lorsque la nuit est tombée, personne de nous n’est allé se coucher. Nous avons attendu patiemment minuit. C’est alors que nous avons envoyé trois salves aux fascistes».
(lettre du volontaire Herschel cité par David Diamant dans son livre Combattants juifs dans l’armée républicaine espagnole).
Le brigadiste Marcel Tourmente adapte la chanson Le Temps des cerises :
«Quand nous pousserons le cri de la victoire
Et que, des fascistes, on aura la peau
Ce sera palace ! […]»
(Le Soldat de la République, n°22 du 12 avril 1937)
La date est dans la mémoire et dans les cœurs, elle est aux événements du front :
« Le 18 mars, jour-anniversaire de la Commune de Paris, au front du Jarama, un des meilleurs fils de la classe ouvrière d’Allemagne, notre camarade Georg Greve est tombé frappé par une balle fasciste.» (Le Soldat de la République, n°18 du 25 mars 1937)
Des articles lui sont consacrés dans les journaux de brigades :
• Un épisode de la Commune de Paris (18 mars 1871) avec un extrait du livre de C. Tales (Le Soldat de la République, n°18 du 25 mars 1937)
• Le volontaire Stéphane écrit un article : « La semaine sanglante du 21 au 28 Mai 1871 » (Le Soldat de la République, n°30 du 1er juin 1937)
• Un autre volontaire, André Grégoire, dans son article « 1871-1937 », établit un lien filial ; ils sont « les petits-fils des Communards » ; en dénonçant « les généraux factieux instruments du grand capital, qui font appel à l’étranger, à Hitler et à Mussolini pour écraser les conquêtes politiques et sociales de l’Espagne républicaine et démocratique. » (Pasaremos, n°7 du 30 mars 1937). Il souligne la communauté de leurs aspirations.
Nous pourrions également évoquer la même dominante populaire dans la composition sociale de ces deux événements historiques
Le brigadiste est l’héritier d’une riche tradition, celle de la Révolution française et de la Commune de Paris. Communards, Brigadistes, le même sang coulait dans leurs veines, le même espoir battait dans leurs cœurs.

Ramon CHICHARRO

Drapeau du bataillon au musée de l’armée à Tolède

 

 

L’histoire de la Commune de Paris imprègne fortement les volontaires qui vont partir en Espagne. Quatre unités militaires, trois Bataillons et une Batterie d’artillerie y font référenc.

Un bataillon français porte son nom, le « Commune de Paris ». «Vous portez un nom à jamais glorieux, dont le souvenir est célébré avec ferveur en ces journées d’avril par les travailleurs antifascistes du monde entier » (Le Soldat de la République, n°23 du 14 avril 1937).
Sur son drapeau rouge étaient inscrits les noms de Casa de Campo, Ciudad Universitaria, Jarama, Guadalajara, Balsain, Caspe, Ebro.

Trois autres unités des Brigades Internationales vont porter le nom de trois figures emblématiques de la Commune de Paris : celle de Louise Miche l et celles des deux figures de l’insurrection polonaise de 1863, les généraux polonais, Dombrowski et Wrobleski.

Le 9e Bataillon, crée en octobre 1936, porte le nom de Louise Michel. Composé de volontaires belges et français, cette unité fut, malheu reusement, presque entièrement décimée lors de leur premier combat en janvier 1937, à Teruel. Le Bataillon Louise Michel se fondit, alors avec le bataillon Henri Vuillemin.

Le 3e Bataillon des BI, crée en octobre 1936, porte le nom du général Dombrowski, qui tomba sur la barricade de la rue Myrha. Elle était composée majoritairement de volontaires polonais.
« Les premiers ce sont les polonais qui de France et des mines du Nord, de la Pologne et ses lointains recoins, à travers les frontières sans parapets abandonnent femmes, enfants, fiancées. Dombrowski les appelle, Dombrowski les unit !» (Le Soldat de la République, n°30 du 1er juin 1937).
Les volontaires polonais vont apporter leur culture et reprendre la célèbre devise de l’insurrection nationale de 18 30 : « Por vuestra libertad y la nuestra » (Pour votre Liberté et la nôtre) qui deviendra celle du bataillon puis celle de la Brigade.
Plus tard le Bataillon donnera son nom à la XIIIe Brigade.
La XIIIe Brigade « Dombrowski » se distingua sur plusieurs fronts et reçut la médaille du courage pour « su actividad combativa » lors de la Bataille de l ‘Ebre.

L’autre général polonais de la Commune, Walery Wrobleski (1836 1908), donnera son nom à une Batterie d’artillerie.

Penser aux liens entre La Commune de Paris et les Brigades Internationales, c’est aussi se remémorer les personnalités de Garibaldi et André Marty.
En effet, si Garibaldi combattit les allemands en 1870, La Commune de Paris offrit le commandement de la Garde Nationale, qu’il ref usa estimant que c’était une guerre entre français mais la soutint politiquement. Quant à André Marty, responsable des Brigades Internationales, il baigna dans l’esprit des communards, son père, Isidore Bonaventure, fut condamné à mort par contumace pour s a participation à la Commune de Narbonne.

Ainsi, communards et brigadistes luttèrent pour la liberté et le progrès social.

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